Depuis le début du mois de février 2025, les stations-service du pays affichent de nouveaux tarifs, confirmant une tendance haussière observée de manière régulière depuis le mois de janvier. Cette fois-ci, la hausse concerne l’ensemble des produits pétroliers commercialisés sur le marché national.
Le prix du supercarburant a de nouveau franchi la barre symbolique des 5 000 ariary le litre. Il est désormais fixé à 5 100 ariary, soit une augmentation de 130 ariary par rapport au mois précédent. Le gasoil n’est pas épargné, avec un prix désormais établi à 4 860 ariary le litre, enregistrant une hausse plus marquée de 190 ariary. Quant au pétrole lampant, largement utilisé par les ménages à faibles revenus pour l’éclairage et la cuisson, son prix atteint désormais 3 710 ariary le litre, également en hausse de 190 ariary. Il s’agit de la deuxième révision mensuelle depuis le début de l’année, confirmant la régularité des ajustements tarifaires. Cette hausse généralisée suscite des inquiétudes, notamment en raison de son impact direct sur le coût de la vie et sur les activités économiques dépendantes du transport.
Selon l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), deux facteurs principaux expliquent cette augmentation. Le premier concerne la hausse du cours international du pétrole brut. Les fluctuations observées sur le marché mondial se répercutent directement sur les coûts d’importation des produits pétroliers. Le second facteur est lié au taux de change. La dépréciation de l’ariary face aux principales devises utilisées dans les transactions internationales, notamment le dollar américain, renchérit davantage les importations. Ces hausses successives pèsent lourdement sur les consommateurs. Pour les transporteurs, l’augmentation du prix du gasoil entraîne mécaniquement une hausse des coûts d’exploitation, ce qui pourrait se traduire par une augmentation des tarifs de transport. Les ménages, quant à eux, subissent une pression supplémentaire sur leur budget, en particulier ceux qui dépendent du pétrole lampant pour leurs besoins quotidiens.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à des mesures d’accompagnement ou à un renforcement des mécanismes de protection des consommateurs les plus vulnérables. Toutefois, dans un contexte économique marqué par la volatilité des marchés internationaux et les contraintes budgétaires de l’État, les marges de manœuvre restent limitées. En attendant une éventuelle stabilisation des paramètres internationaux, les usagers devront s’adapter à cette nouvelle réalité tarifaire, dans l’espoir que les prochains mois n’apportent pas de nouvelles hausses à la pompe.
Notons enfin qu'à Madagascar, les distributeurs de produits pétroliers jouent un rôle central dans l’approvisionnement en carburants. Ces principaux acteurs sont Jovena, Galana, Vivo Energy et TotalEnergies. Ils assurent la distribution de carburants tels que supercarburant, gasoil, lubrifiants et autres produits dérivés du pétrole à travers des réseaux étendus de stations-service sur l’ensemble du territoire. Jovena, filiale du groupe Axian, détient une part importante du marché avec plus de cent stations. Galana, intégré au groupe Rubis, dispose d’un réseau de plus de 70 stations, combinant distribution de carburants, lubrifiants et solutions énergétiques, appuyé par des infrastructures logistiques basées à Toamasina. Vivo Energy Madagascar gère les 78 stations Shell tandis que TotalEnergies dispose d'un réseau d'environ 70 stations proposant carburants, produits associés et solutions solaires décentralisées.


