La Banque mondiale a rendu public le Business Ready (B-Ready) 2025, un nouveau rapport destiné à évaluer le climat des affaires et l’attractivité des investissements à l’échelle mondiale. Ce dispositif remplace le célèbre Doing Business, abandonné ces dernières années, avec l’ambition de proposer une approche plus qualitative, centrée non seulement sur les textes réglementaires, mais aussi sur leur mise en œuvre concrète. Madagascar figure parmi les pays pilotes de cette deuxième édition, qui couvre actuellement 101 pays et devrait s’étendre à plus de 160 pays dès 2026.
Pour Madagascar, les résultats du B-Ready 2025 dressent un tableau contrasté, mêlant avancées institutionnelles et difficultés persistantes. Le cadre réglementaire obtient une note de 57,28, supérieure au seuil de 50, ce qui traduit une capacité réelle du pays à structurer ses règles administratives et son environnement juridique. Cette performance reflète notamment les efforts entrepris ces dernières années pour moderniser la législation économique, renforcer la sécurité juridique des investissements et appliquer la loi sur les investissements. Ces réformes témoignent d’une volonté politique de rendre le pays plus attractif pour les opérateurs économiques nationaux et internationaux.
Cependant, ces progrès restent largement freinés par des faiblesses structurelles. La qualité des services publics atteint seulement 31,64, un score particulièrement bas qui met en évidence les difficultés rencontrées par les entreprises dans leurs interactions quotidiennes avec l’administration. À cela s’ajoute une efficacité opérationnelle limitée, notée 52,29, révélant que, même lorsque des cadres réglementaires et des services existent, leur application sur le terrain demeure problématique. Les procédures administratives sont souvent lourdes, longues et coûteuses, tandis que l’application des règles reste inégale selon les secteurs et les régions.
Ces dysfonctionnements ont un impact direct sur la compétitivité des entreprises, en particulier des petites et moyennes entreprises, qui constituent pourtant le socle de l’économie malgache. Ils freinent également l’investissement privé, la création d’emplois et la croissance économique, limitant ainsi les retombées positives attendues des réformes engagées. Face à ce constat, le rapport B-Ready 2025 formule plusieurs recommandations clés à l’intention de Madagascar. Il préconise notamment de renforcer la qualité des services publics, d’améliorer les infrastructures et les administrations utilisées par les entreprises, de simplifier et optimiser les procédures opérationnelles, et surtout de garantir l’application effective des textes légaux. L’enjeu n’est plus seulement de produire des lois et des règlements, mais de s’assurer qu’ils soient réellement appliqués de manière cohérente et transparente.
Contrairement à Doing Business, le B-Ready ne propose pas de classement global des pays. Il se veut avant tout un outil stratégique de réforme, permettant aux gouvernements d’identifier les domaines prioritaires, de cibler les actions à fort impact et de fixer des objectifs mesurables. Pour Madagascar, ce rapport représente une opportunité majeure : celle de transformer les réformes du climat des affaires en un véritable levier de développement économique et de croissance inclusive, au bénéfice de l’ensemble de la population.


