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MINES | Discussions entre Rio Tinto et Glencore

Dans un secteur minier soumis à de fortes tensions, les grands acteurs mondiaux cherchent à renforcer leur taille critique et la robustesse de leurs portefeuilles. C’est dans ce contexte que des discussions préliminaires entre Glencore et Rio Tinto, deux poids lourds du secteur, ont été confirmées cette semaine, alimentant les spéculations sur une possible fusion qui pourrait donner naissance au plus grand groupe minier au monde.


Dans un secteur minier soumis à de fortes tensions, les grands acteurs mondiaux cherchent à renforcer leur taille critique et la robustesse de leurs portefeuilles. C’est dans ce contexte que des discussions préliminaires entre Glencore et Rio Tinto, deux poids lourds du secteur, ont été confirmées cette semaine, alimentant les spéculations sur une possible fusion qui pourrait donner naissance au plus grand groupe minier au monde.


Les deux entreprises ont toutefois tenu à tempérer les attentes. Dans des communiqués distincts, elles précisent que les échanges en cours sont purement exploratoires et qu’aucune offre ferme n’a été formulée, ni sur le principe, ni sur les modalités d’une éventuelle transaction. Elles soulignent également qu’il n’existe aucune certitude quant à l’aboutissement de ces discussions, lesquelles resteraient de toute façon soumises à des exigences réglementaires strictes. Selon Glencore, le scénario actuellement envisagé reposerait sur une acquisition du groupe par Rio Tinto, via un schéma d’arrangement approuvé par un tribunal, une procédure courante pour ce type d’opérations au Royaume-Uni. Rio Tinto confirme pour sa part l’existence de discussions préliminaires et indique se réserver la possibilité d’ajuster, le moment venu, la forme et la composition de la contrepartie d’une éventuelle offre.


Le calendrier est désormais encadré : Rio Tinto dispose jusqu’au 5 février 2026 pour annoncer soit son intention ferme de formuler une offre, soit son absence d’intention de le faire. Ces discussions interviennent dans un contexte de marché marqué par une attention accrue portée au cuivre et, plus largement, aux métaux indispensables à l’électrification, aux infrastructures énergétiques et aux technologies de transition. La hausse soutenue des prix du cuivre, conjuguée aux incertitudes sur la capacité de l’offre mondiale à suivre le rythme de la demande, renforce l’attrait des grands actifs miniers intégrés.


Dans ce paysage, la consolidation apparaît comme un levier stratégique pour sécuriser des volumes, mutualiser des investissements particulièrement lourds et renforcer la résilience face à des cycles de marché de plus en plus volatils. Pour les analystes, une fusion entre Glencore et Rio Tinto pourrait générer une création de valeur significative. « La structure d’une éventuelle opération resterait complexe, mais une voie crédible vers des synergies importantes existe », estiment les analystes de Jefferies. Selon cette agence, le nouvel ensemble pourrait afficher une capitalisation boursière combinée proche de 207 milliards de dollars.


Les deux groupes disposent déjà de portefeuilles étendus et potentiellement complémentaires, notamment en Afrique. Glencore est un acteur majeur du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo, avec ses mines de Kamoto Copper (KCC) et de Mutanda, qui ont produit en 2024 près de 224 500 tonnes de cuivre et 35 100 tonnes de cobalt. Rio Tinto est quant à lui présent en Guinée dans la bauxite et le minerai de fer, avec le projet géant de Simandou, entré en production fin 2025. Le groupe est également actif en Afrique du Sud et à Madagascar, à travers QIT Madagascar Minerals (QMM) qui exploite une mine d'ilménite (un minerai de titane) dans la région de Fort-Dauphin, au sud-est de Madagascar. En décembre 2025, Rio Tinto a par ailleurs annoncé son intention de recentrer son portefeuille autour du fer, de l’aluminium, du lithium et du cuivre, tout en cédant pour 5 à 10 milliards de dollars d’actifs jugés non stratégiques.