Entrepreneur reconnu dans le domaine du consulting, de la formation et du business coaching, Prospérin Tsialonina s’impose depuis plusieurs années comme une voix attentive aux transformations structurelles nécessaires au développement de Madagascar. Le fondateur de Tsialonina Consulting a récemment livré son point de vue concernant programme de refondation du pays, en s’appuyant notamment sur le Plan de mise en œuvre (PMO) de la Politique Générale de l’État (PGE). Son regard, se voulant à la fois critique et constructif, met notamment en lumière les opportunités générées par cette ambition nationale.
D’emblée, Prospérin Tsialonina parle d’une « fenêtre historique », tout en précisant qu’elle n’est ni acquise ni éternelle. Pour lui, la refondation de Madagascar représente une opportunité rare, mais fragile, qui exige des choix courageux et une mobilisation réelle des acteurs publics et privés. « La refondation n’est pas un slogan, encore moins une promesse automatique. Elle peut réussir ou échouer », affirme-t-il avec lucidité. Selon l’entrepreneur, la réussite du programme dépend avant tout de la cohérence entre les décisions annoncées et les actes posés sur le terrain. Il insiste sur l’importance de publier des indicateurs clairs, de mesurer régulièrement les progrès et de rendre visibles les résultats obtenus. Sans ces éléments, le risque est grand de retomber dans des logiques anciennes où les intentions politiques ne se traduisent pas en changements concrets pour la population. L’implication réelle des acteurs – administrations, partenaires techniques, secteur privé et société civile – constitue également, à ses yeux, une condition essentielle.
À l’inverse, Tsialonina met en garde contre plusieurs facteurs d’échec. La peur du changement, le retour insidieux des anciennes pratiques ou encore l’attentisme généralisé peuvent rapidement vider le programme de sa substance. « Si chacun attend que l’autre commence, rien ne changera », prévient-il. Pour lui, la refondation ne peut pas être décrétée depuis le sommet de l’État : elle doit être travaillée, pilotée, corrigée et surtout mesurée dans le temps. Plus encore, elle doit être vécue au quotidien par ceux qui la mettent en œuvre. Dans cette perspective, la question centrale n’est plus de savoir si le programme est théoriquement bon ou non. La véritable interrogation est désormais pragmatique : que faisons-nous concrètement pour qu’il réussisse ? Prospérin Tsialonina assume un positionnement clair. Il préfère « prendre le risque d’y croire et de s’impliquer », plutôt que de se réfugier dans une posture critique a posteriori. Pour lui, l’engagement est un choix, et l’inaction constitue un risque bien plus élevé pour l’avenir du pays.
Une véritable révolution culturelle
L’un des points majeurs de son analyse concerne le changement de culture administrative et managériale que propose le PMO. Il estime qu’il est temps de passer d’une culture des moyens à une culture des résultats. Pendant longtemps, l’action publique a été évaluée à travers les budgets engagés, le nombre de projets lancés ou encore la fréquence des réunions. Or, cette logique montre aujourd’hui ses limites. Le PMO, selon lui, inverse cette approche : ce qui compte désormais, c’est l’impact réel sur le terrain. Dans cette nouvelle logique, un projet qui ne produit pas de résultats mesurables doit être ajusté, voire arrêté. Prospérin Tsialonina parle d’une véritable révolution culturelle, tant pour l’administration que pour les partenaires au développement. Cette exigence implique d’accepter une méthode plus agile et plus rigoureuse : tester rapidement, corriger sans attendre, reconnaître que tout ne sera pas parfait au départ, mais refuser catégoriquement l’inaction et l’immobilisme.
Pour l’entrepreneur, cette approche n’a rien d’utopique. Elle s’inspire directement des pratiques des entreprises qui survivent et se développent dans des environnements complexes et incertains. Madagascar, confronté à de multiples défis économiques et sociaux, ne peut plus se permettre le luxe de l’attente ou de l’approximation. En somme, le message de Prospérin Tsialonina est à la fois un appel à la responsabilité et à l’engagement collectif. La refondation de Madagascar est possible, mais elle exige du courage, de la rigueur et une volonté partagée de rompre avec les habitudes du passé. La fenêtre est ouverte, rappelle-t-il. Reste à savoir si le pays saura la franchir à temps.


