L’autonomisation économique des femmes constitue aujourd’hui un levier essentiel de développement pour de nombreux pays africains. À Madagascar, une nouvelle initiative entend accélérer cette dynamique en misant sur le numérique. Porté par l’ONG ODIMA, le projet E-Women Market Madagascar ambitionne de favoriser l’intégration des femmes malgaches dans l’univers du commerce en ligne, en leur offrant les outils nécessaires pour conquérir des marchés bien au-delà des frontières nationales.
Bénéficiant du financement du Fonds Canadien d'Initiatives Locales (FCIL), ce programme s’inscrit dans une stratégie de soutien à des initiatives locales à fort impact social. Son objectif est clair : permettre aux femmes entrepreneures de diversifier leurs sources de revenus grâce à l’e-commerce et d’accéder à une clientèle internationale. Dans un contexte où les opportunités économiques peuvent être limitées, notamment pour les femmes vivant en zone rurale ou périurbaine, le numérique apparaît comme une solution innovante et inclusive.
Au cœur du projet, une série de formations pratiques a été mise en place afin d’accompagner les participantes dans la maîtrise des fondamentaux du commerce électronique. Ces sessions couvrent des thématiques essentielles telles que la gestion des ventes en ligne, l’optimisation des canaux de distribution numériques, la communication digitale ou encore les stratégies de fidélisation de la clientèle. L’accent est également mis sur la rentabilité des activités, afin de garantir la viabilité économique des initiatives entrepreneuriales, sans compromis sur la qualité des produits proposés.
Mais E-Women Market Madagascar ne se limite pas à une simple transmission de compétences techniques. Le programme intègre une dimension éthique et responsable, en sensibilisant les bénéficiaires aux principes de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), au respect des droits des travailleurs et à la promotion d’un travail décent. À travers des ateliers dédiés, les participantes sont invitées à intégrer ces valeurs dans leur modèle d’affaires, afin de bâtir des entreprises durables et respectueuses des normes sociales.
L’accompagnement personnalisé constitue un autre pilier central du projet. Chaque participante bénéficie d’un suivi individuel destiné à l’aider dans la création et la gestion de sa boutique en ligne. Cet encadrement vise à s’assurer que les activités développées respectent les réglementations locales et internationales, notamment en matière de fiscalité et de commerce. Il s’agit ainsi d’encourager une formalisation progressive des activités, gage de crédibilité et de pérennité. Selon Bonnie Shariff, présidente fondatrice de l’ONG ODIMA, la digitalisation des activités commerciales n’exonère pas des obligations fiscales. Le commerce en ligne ne supprime pas les taxes ; il constitue plutôt une opportunité d’élargir l’horizon économique des femmes entrepreneures.
L’enjeu n’est donc pas d’échapper aux règles, mais de permettre aux bénéficiaires de mieux comprendre leur environnement légal tout en accédant à un marché mondial. Le soutien du Fonds Canadien d’Initiatives Locales représente ainsi un levier stratégique pour renforcer l’autonomie financière des femmes malgaches. En favorisant leur insertion dans l’économie numérique, le projet contribue à réduire les inégalités économiques et à valoriser le potentiel entrepreneurial féminin. À terme, E-Women Market Madagascar pourrait devenir un modèle reproductible, démontrant que l’accès au digital, combiné à un encadrement structuré, peut transformer durablement les trajectoires économiques des femmes et participer activement au développement du pays.


