La mise en œuvre de la Loi de finances initiale (LFI) 2026 s’accompagne d’un ensemble de mesures fiscales et douanières qui redéfinissent le cadre applicable aux entreprises et aux contribuables à Madagascar. Afin d’en faciliter la compréhension et l’application, l’administration a initié des actions de communication auprès des opérateurs économiques.
Le 18 février, c'est la Direction générale des impôts (DGI) qui a organisé une séance d’information consacrée aux principales dispositions fiscales de la LFI 2026. Conduite par son directeur général, Edmond Rafaralahy, la rencontre a détaillé les ajustements relatifs à l’impôt sur le revenu (IR), à la fiscalité des dividendes et aux conditions de déductibilité de certaines charges. Parmi les évolutions notables figure l’introduction d’une option permettant à certains contribuables réalisant un chiffre d’affaires compris entre 200 et 400 millions d’ariary d’opter pour l’impôt sur le revenu sans être assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette faculté reste toutefois encadrée. Les entreprises concernées devront notamment produire des états financiers certifiés, une exigence présentée par l’administration comme un moyen de renforcer la fiabilité des déclarations et de sécuriser l’assiette fiscale.
La LFI 2026 prévoit également la suppression de l’exonération des dividendes perçus par les personnes physiques. Cette mesure s’inscrit dans une logique d’élargissement de l’assiette fiscale et de recherche d’une plus grande cohérence du système d’imposition des revenus. Par ailleurs, les règles relatives à la déductibilité des loyers sont durcies : la prise en compte fiscale de ces charges sera désormais conditionnée à la présentation d’un contrat de bail formalisé et de pièces justificatives appropriées. Le régime applicable aux associations à but non lucratif connaît lui aussi une évolution, avec un relèvement du taux d’imposition de 10 % à 20 %. D’autres ajustements concernent l’impôt synthétique à 3 % applicable aux membres des Centres de gestion agréés et aux nouveaux contribuables. Enfin, la suppression de l’impôt synthétique intermédiaire (ISI) s’accompagne de la mise en place d’une procédure d’immatriculation en ligne, dans le cadre d’un effort plus large de modernisation administrative.
Le volet douanier de la réforme a été présenté le 19 février lors d’une rencontre organisée au siège de la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA). La séance s’est tenue en présence du directeur général des Douanes, Antoine Randrianjafy, du directeur général de la CCIA, Heriniriana Andrianaivo, ainsi que de Hery André Rakotonirina, directeur de la législation et de la valeur. Dans un contexte économique international marqué par des incertitudes, l’administration des Douanes a souligné la nécessité de renforcer les dispositifs de protection de l’économie nationale. Les échanges ont porté sur l’introduction de nouveaux tarifs, la mise en place de la taxe environnementale sur les véhicules motorisés (TVM) et la poursuite de la digitalisation des procédures douanières.
Selon les explications fournies par le Ministère de l'Economie et des Finances (MEF), au-delà du détail technique des mesures, ces rencontres traduisent une volonté affichée de dialogue avec le secteur privé. La DGI et l’administration douanière entendent accompagner les opérateurs économiques dans l’appropriation des nouvelles règles, tout en poursuivant des objectifs de justice fiscale, de sécurisation des recettes et de modernisation des services publics. Pour les entreprises comme pour les contribuables, l’année 2026 s’ouvre ainsi sur un cadre réglementaire renouvelé, dont l’impact dépendra en grande partie de sa mise en œuvre effective et de sa capacité à concilier exigence budgétaire et dynamisme économique.


