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MARINE MARCHANDE | La profession se structure

Les officiers de la Marine marchande malgache, réunis dernièrement à Antananarivo, ont officiellement lancé l’Association des Officiers de la Marine Marchande de Madagascar (AOMMM), à l’issue d’une assemblée générale constitutive marquant la naissance d’une structure longtemps attendue.


Les officiers de la Marine marchande malgache, réunis dernièrement à Antananarivo, ont officiellement lancé l’Association des Officiers de la Marine Marchande de Madagascar (AOMMM), à l’issue d’une assemblée générale constitutive marquant la naissance d’une structure longtemps attendue. 


Pour la première fois, ce corps qui revendique un rôle stratégique dispose d’un cadre formel destiné à défendre ses intérêts et à structurer son développement. Jusqu’à présent, les quelque 300 officiers maritimes recensés dans le pays — dont une partie exerce dans le secteur de la pêche — évoluaient sans plateforme nationale unifiée. Une situation paradoxale au regard de leur rôle central dans l’économie d’un État insulaire comme Madagascar. Environ 70 membres ont déjà rejoint la nouvelle organisation, un chiffre appelé à croître selon ses initiateurs.


Les officiers de pont, responsables de la navigation et de la gestion commerciale des opérations maritimes, et les officiers mécaniciens, garants du bon fonctionnement technique des navires, constituent l’ossature humaine du transport maritime. Or, pour Madagascar, dont l’essentiel des échanges extérieurs transite par voie maritime, la performance logistique est un facteur déterminant de compétitivité. La création de l’AOMMM intervient donc dans un contexte où la maîtrise des compétences nationales devient un enjeu stratégique.


À la tête de l’association, son président Manambala Adoré Virgi affiche une feuille de route ambitieuse : professionnaliser davantage le secteur, renforcer la cohésion entre les officiers et améliorer la reconnaissance du pavillon malgache, tant au niveau national qu’international. Le pays dispose en effet d’atouts maritimes considérables : richesse halieutique, positionnement dans les routes commerciales de l’océan Indien, potentiel de développement du transport de marchandises. Pourtant, la représentation institutionnelle des marins marchands demeurait jusqu’ici limitée.


L’AOMMM entend combler ce vide en devenant un interlocuteur crédible et structuré face aux autorités et aux partenaires internationaux. Ses objectifs sont doubles : défendre les intérêts sociaux et professionnels de ses membres — notamment sur des dossiers sensibles comme la retraite et la protection sociale — et contribuer à l’élévation continue des standards de compétence. Dans cette perspective, l’association prévoit de collaborer étroitement avec l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale (APMF), qui a déjà manifesté son ouverture à un partenariat. Ce rapprochement pourrait favoriser une meilleure articulation entre régulation publique et réalités du terrain, dans un secteur soumis à des normes internationales strictes.


La formation figure également parmi les priorités affichées. L’AOMMM souhaite renforcer les liens avec l’École Nationale Maritime (ENM) de Mahajanga et les différents centres spécialisés. Dans un environnement mondialisé, régi par des conventions maritimes exigeantes et des standards techniques en constante évolution, la montée en compétence continue est devenue indispensable. Les officiers malgaches jouissent d’une réputation appréciée à l’international ; maintenir ce niveau d’excellence constitue un impératif pour préserver leur employabilité et la crédibilité du pavillon national. Autre évolution notable : la féminisation progressive du corps. Alors que les femmes officiers ne représentaient qu’une minorité au début des années 2010, leur présence augmente régulièrement. L’association affirme vouloir accompagner cette dynamique, en cohérence avec les orientations internationales en faveur de l’égalité dans les métiers maritimes.


Au-delà des enjeux strictement corporatistes, l’AOMMM affirme vouloir envoyer un signal fort dans un contexte caractérisé par la volonté de Madagascar de consolider sa place dans le paysage maritime régional et de renforcer la crédibilité de son pavillon. Dans une économie insulaire où la logistique conditionne la croissance, structurer et valoriser les compétences humaines apparaît comme une nécessité. Désormais réunis sous une bannière commune, les officiers entendent peser davantage dans les décisions qui dessineront l’avenir maritime du pays.