La capitale de l'Ethiopie a accueilli la 16e assemblée générale du African Risk Capacity (ARC), une institution spécialisée de Union africaine dédiée à la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles sur le continent. L’événement a réuni plusieurs délégations africaines venues évaluer les mécanismes de réponse face aux crises climatiques, dont celle de Madagascar, conduite par le ministre de la Communication et de la Culture, Ogascar Fenosoa.
Créée pour renforcer la résilience des États africains face aux aléas climatiques, l’ARC propose un système de mutualisation des ressources permettant d’apporter des réponses rapides aux situations d’urgence. Ce mécanisme vise à réduire la dépendance des pays membres à l’aide internationale, souvent jugée lente et complexe à mobiliser. Dans de nombreuses régions du continent, les catastrophes naturelles, notamment les sécheresses et les cyclones, ont des impacts économiques et sociaux majeurs, mettant en évidence les limites des dispositifs traditionnels d’assistance. Le cas de Madagascar est fréquemment cité comme exemple de l’efficacité de ce dispositif. En mars 2026, après le passage des cyclones Cyclone Gezani et Cyclone Fitia, le pays a bénéficié d’une indemnisation de 29 millions de dollars de la part de l’ARC.
Selon toujours les explications fournies, cette enveloppe a permis aux autorités de répondre rapidement aux besoins urgents des populations affectées, sans attendre les circuits classiques de l’aide humanitaire internationale. Lors de son intervention à l’assemblée générale, le ministre Gascar Fenosoa a réaffirmé l’engagement de Madagascar au sein de l’organisation. Il a souligné que le pays s’acquitte régulièrement de ses contributions financières, un élément essentiel au fonctionnement du mécanisme de solidarité porté par l’ARC. Le responsable malgache a également appelé les États africains non membres à rejoindre l’initiative, mettant en avant les avantages d’une coopération renforcée à l’échelle continentale. Dans son discours, il a insisté sur l’importance de la solidarité africaine face aux défis communs, estimant que les pays du continent doivent prioritairement compter sur leurs propres mécanismes d’entraide.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par le désengagement progressif de certains partenaires internationaux, notamment le Programme alimentaire mondial, souvent impliqué dans les réponses d’urgence humanitaire. Le ministre a également évoqué la nécessité de renforcer l’autonomie africaine dans la gestion des crises, en plaidant pour la mise en place de structures internes capables de répondre efficacement aux situations d’urgence. Selon lui, cette approche contribuerait à réduire la dépendance extérieure et à accélérer les interventions sur le terrain.
La délégation malgache comprend par ailleurs des expertes impliquées dans la gestion des risques, dont Bako Nirina Rabevohitra, issue de la Cellule de Prévention et d’appui à la Gestion des Urgences, ainsi que Mbolatiana Andriamiarinosy, coordinatrice nationale de l’ARC à Madagascar. Leur participation aux discussions techniques vise à améliorer les mécanismes de réponse et à adapter les outils de l’organisation aux réalités locales. "Au-delà des enjeux immédiats, cette assemblée générale reflète une volonté croissante des pays africains de développer des solutions endogènes face aux crises climatiques. Pour Madagascar, l’adhésion à l’ARC s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer sa résilience et à participer à la construction d’une réponse collective africaine aux défis environnementaux", a-t-on aussi fait savoir.


