Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) s’est récemment tenue à Antananarivo dans le cadre de la troisième et quatrième revue des programmes Facilité Élargie de Crédit (FEC) et Fonds pour la Résilience et la Durabilité (FRD). Cette rencontre de haut niveau marque une étape importante dans le suivi des réformes économiques engagées par Madagascar, avec pour objectif de "consolider les bases d’une croissance durable et inclusive".
Le Ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, a officiellement accueilli la délégation du FMI, conduite par Constant Lonkeng Ngouana. Cette réunion a également rassemblé plusieurs membres clés du gouvernement, notamment le Ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Rabearimanga Radonirina Lucas, le Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Andriatsihala Nolave Luck Aristide, ainsi que le Gouverneur de la Banky Foiben’i Madagasikara, Andrianarivelo Aivo. Selon le MEF, leur présence témoigne de l’importance accordée à cette mission et de la volonté d’adopter une approche concertée et multisectorielle.
Cette première séance de travail a permis de dresser un bilan des progrès réalisés au cours de l’année 2025. Les discussions ont mis en lumière les avancées enregistrées dans plusieurs domaines clés, tout en identifiant les défis persistants qui nécessitent des efforts supplémentaires. Les échanges ont également servi à définir les orientations stratégiques pour la poursuite des réformes, dans un contexte économique mondial encore incertain. Au cours des échanges, les responsables malgaches ont souligner l'objectif d’ancrer durablement la stabilité macroéconomique du pays tout en plaçant l’humain au centre des politiques publiques. "Il s'agit de concilier rigueur économique et développement social, afin d’améliorer concrètement les conditions de vie de la population", a-t-on aussi indiqué.
Dans cette perspective, plusieurs priorités ont été mises en avant. Il s’agit notamment de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, un levier essentiel pour réduire la dépendance aux financements extérieurs. L’amélioration de la qualité de la dépense publique figure également parmi les axes majeurs, avec pour objectif d’assurer une utilisation plus efficace et transparente des ressources de l’État. Par ailleurs, la consolidation de la gouvernance et le renforcement de la transparence sont considérés comme des conditions indispensables pour instaurer un climat de confiance propice aux investissements. La préservation de la stabilité monétaire et financière demeure également une priorité, afin de garantir un environnement économique stable et prévisible.
Un autre enjeu crucial abordé lors de cette mission concerne l’intégration des problématiques climatiques dans la gestion des finances publiques. Face à la vulnérabilité de Madagascar aux effets du changement climatique, il apparaît essentiel d’adopter des politiques budgétaires sensibles aux enjeux environnementaux, capables de soutenir une croissance résiliente et durable. Dans cette perspective, les programmes FEC et FRD sont présentés comme des instruments clés pour accompagner les transformations structurelles du pays. Malgré les défis qui subsistent, les autorités malgaches ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les réformes engagées, avec une approche cohérente, inclusive et orientée vers les résultats.
Rappelons enfi que Madagascar bénéficie actuellement d’un appui financier du FMI au titre des deux programmes sur une période de 40 mois allant de juin 2024 à mai 2027. Selon les explications fournies lors de la mission de préparation effectuée par l'institution financière au mois de janvier dernier, le financement s’élève à 256,62 millions de DTS, soit environ 337 millions de dollars pour la FEC (105% du quota), et à 244,4 millions de DTS, soit environ 321 millions de dollars pour la FRD (100% du quota). Au-delà des montants, ce programme joue un rôle de catalyseur pour mobiliser d’autres appuis auprès des partenaires au développement.


