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FINANCEMENT BANCAIRE | Plus de 90% des MPME encore exclues

À Madagascar, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) jouent un rôle central dans l’économie nationale, contribuant à plus de 60 % du produit intérieur brut. Pourtant, leur accès au financement bancaire reste extrêmement limité. Selon la Banque mondiale, seulement 8 % de ces entreprises bénéficient d’un prêt bancaire, un chiffre nettement inférieur à la moyenne de 19,5 % observée en Afrique subsaharienne.


À Madagascar, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) jouent un rôle central dans l’économie nationale, contribuant à plus de 60 % du produit intérieur brut. Pourtant, leur accès au financement bancaire reste extrêmement limité. Selon la Banque mondiale, seulement 8 % de ces entreprises bénéficient d’un prêt bancaire, un chiffre nettement inférieur à la moyenne de 19,5 % observée en Afrique subsaharienne. 


Selon les observateurs économiques, cette situation met en lumière un déséquilibre préoccupant dans le système financier malgache. Le contraste est particulièrement frappant lorsqu’on compare les différentes tailles d’entreprises. Environ 37 % des grandes entreprises parviennent à accéder au crédit bancaire, tandis que ce taux chute drastiquement à seulement 5 % pour les petites entreprises. Cette inégalité révèle un système où les acteurs économiques les plus vulnérables rencontrent les plus grandes difficultés pour se développer. Or, ce sont précisément ces petites structures qui constituent le tissu entrepreneurial du pays et qui ont le potentiel de stimuler l’emploi et l’innovation.


Plusieurs facteurs expliquent cette faible inclusion financière. D’abord, le coût élevé des prêts constitue un obstacle majeur. Les taux d’intérêt pratiqués par les banques sont souvent jugés trop élevés pour des entreprises aux ressources limitées. À cela s’ajoute une forte aversion au risque de la part des institutions financières, qui privilégient des clients jugés plus sûrs, comme les grandes entreprises disposant de garanties solides. Le manque de financement à long terme est également un frein important. Les MPME ont besoin de capitaux stables pour investir, croître et se structurer. Or, les offres de crédit disponibles sont souvent de courte durée, peu adaptées à leurs besoins. En parallèle, les défis structurels du pays, notamment les coupures fréquentes d’électricité et les difficultés logistiques, compliquent encore davantage leur développement.


Ces contraintes réduisent la productivité des entreprises et augmentent leur vulnérabilité, ce qui renforce la prudence des banques. Face à ce constat alarmant, des réformes sont en cours pour améliorer la situation. Les autorités malgaches ont entrepris une révision de la législation bancaire afin de renforcer le secteur financier et de le rendre plus inclusif. Par ailleurs, une stratégie nationale d’inclusion financière (SNIM) couvrant la période 2024-2028 a été mise en place. Cette initiative vise à élargir l’accès aux services financiers, notamment pour les MPME. L’objectif est de porter à 25 % la proportion de MPME ayant accès aux services financiers d’ici cinq ans. 


Si cette cible est atteinte, elle pourrait transformer le paysage économique du pays en facilitant la création d’entreprises, en stimulant l’investissement et en favorisant une croissance plus inclusive. Les autorités et les groupements du secteurs privé s'accordent sur le fait que l’accès au financement bancaire constitue un enjeu crucial pour l’avenir économique de Madagascar. Mais améliorer cette situation ne dépend pas uniquement des banques, mais aussi d’un environnement global plus favorable, incluant des infrastructures fiables et des politiques publiques adaptées. Le développement des MPME pourrait ainsi devenir un véritable levier pour dynamiser l’entrepreneuriat et accélérer la croissance économique du pays.