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MADAGASCAR - LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE | En mode réajustement

Le calendrier budgétaire reste officiellement inchangé malgré un contexte international devenu plus instable. Le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a cependant engagé des réajustements du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR), ...


Le calendrier budgétaire reste officiellement inchangé malgré un contexte international devenu plus instable. Le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a cependant engagé des réajustements du projet de Loi de Finances Rectificative (LFR), afin d’intégrer les nouvelles contraintes économiques provoquées par les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les marchés mondiaux de l’énergie et du transport.


Le Grand Argentier se veut néanmoins rassurant : le texte sera présenté au Parlement au cours de la session en cours, dans les délais prévus par la loi. En coulisses, les arbitrages se multiplient toutefois pour préserver les équilibres budgétaires sans remettre en cause les priorités affichées par le Gouvernement de la Refondation. Cette nouvelle mouture du collectif budgétaire confirme d’abord la poursuite des réformes déjà engagées depuis quelques mois. Les autorités entendent maintenir les investissements destinés à soutenir la relance économique, dans un pays encore confronté à d’importants déficits d’infrastructures. Les dépenses liées à la construction et à la réhabilitation des routes, au développement énergétique, à la décentralisation ou encore aux aménagements agricoles figurent parmi les axes prioritaires du texte.


Dans un environnement international marqué par la volatilité des prix du pétrole, la hausse des coûts logistiques et les tensions inflationnistes, le gouvernement cherche à éviter un ralentissement des investissements publics. Les infrastructures restent perçues comme un levier essentiel de croissance et de désenclavement économique, notamment dans les régions éloignées de la capitale. L’autre orientation majeure du projet concerne la décentralisation budgétaire. Le MEF prévoit une augmentation progressive des ressources allouées aux Services Territoriaux Déconcentrés ainsi qu’aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). L’objectif affiché est de porter ces dotations à 12 % du budget national. Une évolution qui traduit la volonté de rapprocher davantage les services publics des citoyens et de renforcer les capacités d’action des administrations locales.


Cette stratégie intervient dans un contexte où les collectivités réclament depuis plusieurs années des moyens financiers plus importants pour répondre aux besoins de proximité, notamment en matière d’éducation, de santé et d’entretien des infrastructures locales. Sur le volet fiscal, le gouvernement envisage également plusieurs ajustements destinés à soutenir l’activité économique. Parmi les mesures à l’étude figure la suppression de la TVA appliquée aux intérêts des crédits bancaires. Une disposition jugée pénalisante pour les entreprises comme pour les ménages, dans un contexte où l’accès au financement demeure limité et coûteux.


Selon le Ministre  Herinjatovo Aimé Ramiarison, les actions programmées accordent aussi un large soutien à l’investissement privé et à la stimulation de la consommation. Son département espère ainsi favoriser un regain d’activité tout en limitant les effets du ralentissement économique mondial sur le tissu productif national. Mais le MEF promet aussi un durcissement de la lutte contre la fraude fiscale et la corruption. "L’amélioration durable des recettes publiques constitue désormais un impératif pour préserver les marges de manœuvre budgétaires de l’État, alors que les dépenses sociales et les charges de fonctionnement continuent de progresser", a-t-on également fait savoir avant de souligner que malgré ces ajustements, les priorités budgétaires demeurent inchangées : assurer le paiement des salaires, garantir le fonctionnement des services publics et répondre aux besoins fondamentaux de la population...