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OCEAN INDIEN - CLIMAT | Vers une "position concertée" avec l'Australie

Face à l’intensification des effets du changement climatique, l’Australie consolide son engagement auprès des États insulaires de l’océan Indien. En soutenant l’Île Maurice, les Seychelles, Madagascar et les Comores, Canberra entend favoriser l’émergence d’une position régionale concertée en vue de la 31e Conférence des Parties (COP 31), prévue en Türkiye.


Face à l’intensification des effets du changement climatique, l’Australie consolide son engagement auprès des États insulaires de l’océan Indien. En soutenant l’Île Maurice, les Seychelles, Madagascar et les Comores, Canberra entend favoriser l’émergence d’une position régionale concertée en vue de la 31e Conférence des Parties (COP 31), prévue en Türkiye.


Cette initiative vise à permettre à ces quatre nations d’aborder les négociations climatiques internationales avec une voix plus unifiée. Bien que confrontés à des réalités nationales distinctes, ces États partagent plusieurs défis communs, notamment la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière, les phénomènes météorologiques extrêmes et la fragilisation des écosystèmes marins et terrestres. Le programme est mené en partenariat avec l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et la Commission de l’océan Indien (COI). Il prévoit notamment des sessions de formation et de préparation destinées à renforcer les capacités des délégations nationales et à mieux structurer leurs priorités dans le cadre des futures négociations internationales.


Au sein de cette dynamique régionale, Madagascar illustre les défis complexes auxquels sont confrontés de nombreux pays en développement. Reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle, la Grande Île a engagé depuis plusieurs décennies des politiques de conservation visant à protéger son patrimoine naturel. Parmi les initiatives emblématiques figure la création, en 2005, de la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), chargée de soutenir durablement la gestion des espaces protégés. Toutefois, les objectifs de préservation se heurtent à des contraintes socio-économiques majeures. Selon les résultats de l’enquête MICS 7 réalisée conjointement par l’UNICEF et l’INSTAT en 2024-2025, près de 80 % de la population malgache vivrait sous le seuil de pauvreté. Dans un pays dont la population est estimée à environ 34 millions d’habitants et majoritairement rurale, les ressources naturelles constituent souvent une source essentielle de revenus et de subsistance.


Cette situation met en évidence les limites d’une approche exclusivement centrée sur la protection de l’environnement. Pour de nombreuses communautés, la pression exercée sur les forêts, les terres agricoles ou la faune résulte avant tout de besoins économiques immédiats. Les partenaires engagés dans cette coopération régionale soulignent la nécessité d’articuler les politiques climatiques avec les enjeux de développement humain. L’objectif affiché est de promouvoir des stratégies capables de concilier conservation des ressources naturelles, réduction de la pauvreté et adaptation aux effets du changement climatique.


Dans cette perspective, le soutien australien dépasse le cadre de l’assistance technique. Il s’inscrit dans une démarche de renforcement des capacités institutionnelles et de coordination régionale destinée à accroître le poids diplomatique des États insulaires de l’océan Indien sur la scène internationale. À l’approche de la COP 31, les pays concernés espèrent ainsi démontrer que les questions climatiques et les défis socio-économiques sont étroitement liés. Leur ambition est de porter un message commun selon lequel la résilience environnementale ne peut être durable sans progrès simultanés dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités.