Alors que le Colloque régional pour l’émergence du Sud de Madagascar vient de s’achever, les Etats-Unis annoncent qu’ils vont débloquer 40 millions USD supplémentaires pour aider cette partie de la Grande Ile. La nouvelle a été donnée ce lundi par l’ambassadeur Michael Pelletier qui a été reçu par le président Andry Rajoelina dans le cadre de sa tournée d’adieu.

Suite aux évaluations récentes montrant que la situation de la sécurité alimentaire dans le sud de Madagascar continue de s'aggraver, l'ambassadeur américain Michael Pelletier a annoncé ce lundi que le gouvernement américain contribuerait près de 40 millions de dollars en soutien supplémentaire au sud frappé par la sécheresse. Ce financement permettra de fournir une aide alimentaire d'urgence notamment pour traiter le problème de malnutrition chez les jeunes enfants et les femmes enceintes, améliorer l'hygiène et construire des puits pour assurer l'accès à l'eau potable.

« Le président Andry Rajoelina s'est joint à l'ambassadeur Pelletier pour l'annonce, soulignant à quel point le gouvernement américain et le gouvernement de Madagascar sont comme des "mpirahalahy mianala" répondant aux besoins urgents des familles souffrant de la faim et fournissant des solutions à long terme à l'insécurité alimentaire dans le sud et le sud-est de Madagascar », a indiqué le communiqué publié par l’ambassade américaine.

L'ambassadeur Pelletier a souligné en outre que ce nouveau financement aiderait de nombreuses personnes même s’il ne pourra pas répondre aux besoins de tout le monde. Il a appelé les autres donateurs à contribuer également, déclarant : « Je suis heureux de voir la communauté internationale accorder son attention à la situation urgente dans le sud de Madagascar, mais davantage d'aide est nécessaire. Plus de 1,1 million de personnes sont actuellement confrontées à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire et ce nombre devrait augmenter ».

Le diplomate américain qui va prendre sa retraite dans quelques jours a tenu aussi à saluer « les efforts de développement à long terme dans le Sud annoncés par le Président de SEM ce week-end », avant d’exhorter les partenaires de Madagascar et le gouvernement à redoubler d'efforts pour empêcher une aggravation de la famine. Et de rappeler que les analyses effectuées notamment par deux experts en sécurité alimentaire de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) fin mai, ont montré que la situation de la sécurité alimentaire doit être priorisée du fait que les prochaines récoltes devraient être mauvaises et que l'accès à la nourriture va probablement se détériorer d'ici à 2022.
Les 40 millions de dollars fournis par le gouvernement américain utilisés via l'USAID qui financera des programmes en cours gérés par les partenaires des Américains dans le pays comme le Programme alimentaire mondial (PAM), l'UNICEF et Catholic Relief Services (CRS). Une partie du financement permettra, d'août à octobre de cette année, de fournir une aide alimentaire immédiate à 465 000 personnes et des compléments alimentaires pour prévenir la malnutrition aiguë à 19 800 femmes enceintes et nouvelles mères ainsi qu'à 63 400 enfants. 

Une autre partie sera consacrée à l’opération l'assistance alimentaire pour la prochaine période de soudure, qui devrait commencer en octobre. Le CRS reconstruira et réparera également des puits dans les communautés ciblées. Le PAM et l'UNICEF fourniront un traitement à 57 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ou sévère. L'UNICEF fournira également l'accès à l'eau potable et la promotion de l'hygiène à plus de 100 000 personnes, tandis que le PAM opérera également des vols pour la livraison de fournitures supplémentaires et du personnel humanitaire. 

Rappel a été fait, enfin, que les USA ont aidé Madagascar à hauteur de 133,5 millions de dollars l’année dernière. Ce montant comprenait 74,5 millions de dollars pour le volet santé, où les États-Unis sont le plus grand donateur d'un seul pays, et 48,5 millions de dollars pour la sécurité alimentaire visant plus de 1,5 million de citoyens malagasy vivant dans le sud.