La Fondation H se remémore de Madame Zo à travers un article paru le 13 juillet dernier. « Il y a un an s’éteignait Madame Zo, de son vrai nom Zoarinivo Razakatrimo, artiste-tisserande née en 1956 à Antananarivo, artiste avec qui la Fondation H a souvent collaboré, et dont l’exposition ‘’L’Art au Quotidien’’ a inauguré l’espace de la Fondation H – Antananarivo en mai 2019 », a-t-elle écrit en introduction.

A la croisée entre art et écologie, Mme Zo était passée maître dans l’art de la récupération des objets du quotidien, auxquels elle redonnait une seconde vie dans ses installations faites de multiples matières liées grâce au métier à tisser qu’elle a confectionné (textiles, bandes magnétiques, puces informatiques, cotons, brindilles, gazon et autres matières naturelles, papiers journaux, pneus, etc.). 

Se revendiquant d’abord comme artisane, Mme Zo ouvre son atelier de tissage et de création textile à Antananarivo au début des années 1990 avant de créer sa marque « Zo Artiss » au début des années 2000. Passée par le Centre national de l’artisanat malagasy et formée au tissage par Andrée Ethève, Présidente de l’Association de Femmes Entrepreneurs de Mahajanga, sa rencontre avec l’artiste Joël Andrianomearisoa, marquera une étape décisive lorsqu’en 1996 elle intègre l’incubateur de créateurs Créadeva, dont il assure la direction artistique.

A partir des années 2000, Mme Zo devient une référence du design d’intérieur, mais aussi de la mode, par l’inventivité de ses créations, en collaborant avec les plus grands créateurs malgaches. Elle développe peu à peu sa pratique dans l’espace et va jusqu’à travailler sur de très grands formats qu’elle expose notamment à la Biennale de Dakar (2000), National Museum of African Art – Smithsonian (2004), Quai Branly (2018-1019). Au fil du temps, Mme Zo s’est érigée en monument de l’art contemporain malgache qui continue à ce jour d’inspirer de nouvelles générations d’artistes.