Madagascar a sensiblement baissé en performance depuis quelques années, et particulièrement en 2020, en matière de captage des investissements directs étrangers (IDE). Les débats s’animent dans les salons quant à la meilleure manière de redresser rapidement la barre dans un contexte de relance économique.

Dans la foulée de l'élection du président Andry Rajoelina, en 2019, le gouvernement a annoncé la mise en route de nouvelles réformes politiques et économiques afin d’améliorer le climat des affaires et de mobiliser les ressources nécessaires pour financer notamment les projets structurants. Un challenge de taille loin d’être gagné d’avance, d’autant plus que la crise sanitaire a compliqué encore davantage la donne.

Selon le Rapport sur l'investissement dans le monde 2021 de la CNUCED, la Grande Ile a enregistré 359 millions USD d'entrées d'IDE en 2020, contre 474 millions USD en 2019. Une contre-performance attribuée notamment à la crise économique mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19. Le stock d'IDE a atteint, pour sa part, 8,3 milliards USD en 2020. 

Selon un cadre de l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), trois réformes en cours devraient néanmoins aider le pays à se repositionner sur l’échiquier des IDE : la facilitation et la digitalisation pour la création d'entreprises, l'octroi de permis de construire et le développement du commerce transfrontalier. A constater cependant que le projet de zones économiques spéciales, rebaptisées zones d’émergence économique, prend du temps à se concrétiser.

Selon toujours le rapport de la CNUCED, la France, Maurice, la Chine et les États-Unis demeurent en tête des investisseurs du pays. Et il semblerait que les autorités redoublent de prudence vis-à-vis des investisseurs potentiels, notamment en provenance d’Asie, pour éviter le piège des « accords antipopulaires » qui pourraient déstabiliser politiquement le pouvoir en place. 

On note en outre que si aucune loi n'interdit ou ne limite les investissements étrangers dans le pays, de nombreux obstacles rendent l'investissement difficile. Madagascar possède pourtant un important potentiel naturel. Mais les défaillances dans le domaines des infrastructures, l'accès limité aux services financiers, et les risques accrus sur le plan juridique et foncier rebutent souvent les investisseurs. 

« Bien que la loi malgache traite de manière égale les investisseurs étrangers et les investisseurs locaux, les sociétés étrangères font souvent l’objet de poursuites pénales pour des impôts douteux, des violations du droit du travail ou d’autres motifs », a-t-on également constaté. Un avis qui, d’ailleurs, n’est pas partagé par tous.

Bref, pour augmenter son stock d’IDE, Madagascar doit s’attaquer de front aux problèmes structurels qui ont toujours impacté son attractivité.  Et un opérateur économique de la place d’ajouter que le financement en DTS non remboursable octroyé dernièrement par le FMI devrait être alloué, dans sa grande partie, aux mesures fortes qui matérialiseront l’objectif de croissance tirée réellement par le secteur privé.