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AGREGATION AGRICOLE | La société civile donne des recommandations



Un groupe d’entités membre de la société civile est monté au créneau pour appeler à la vigilance afin que la politique d’agrégation agricole que l’Etat projette de mettre en œuvre pour booster le secteur primaire dans le pays, et promouvoir en particulier l’agribusiness, puisse réellement atteindre l’objectif d’autosuffisance alimentaire.

L’agrégation agricole consiste en un contrat signé entre des coopératives d’agriculteurs, éleveurs ou pêcheurs, qui sont les « agrégés », et une entreprise, l’investisseur qui est « l’agrégateur ». Selon les membres de la société civile, cette agrégation étant une autre forme de l’agriculture contractuelle déjà pratiquée à Madagascar, les expériences acquises doivent être prises en compte pour « éviter les pièges ». 

L’entreprise avance les semences, engrais, matériel et encadre les paysans. Les paysans cultivent leurs terres en utilisant les intrants fournis, en respectant les différentes instructions de l’entreprise et doivent lui vendre,  à un prix souvent fixé au moment de la signature du contrat, toute leur récolte sauf les produits qui ne respectent pas les normes. Sur ce point, l’Etat est invité à prendre des mesures pour éviter la perte d’autonomie des paysans car « la plus-value bénéficie majoritairement à l’investisseur ».

La société civile estime en outre que la signature des contrats par des coopératives de producteurs à la place des paysans individuels, membres ou non d’associations, pourrait maintenir « le rapport de forces inégal » entre l’investisseur et les agriculteurs dans l’agrégation. Par ailleurs, la logique économique des agrégateurs risque de les amener à préférer investir dans des produits à forte valeur ajoutée qui ne sont pas des produits vivriers. 

« Et même s’ils s’engagent dans la riziculture, ils risquent de préférer exporter le riz plutôt que de le commercialiser sur le marché local », a-t-on aussi soulevé avant de souligner qu’il est crucial que les responsables et décideurs prennent en compte les besoins de la population dès l’attribution du permis d’agrégation en fonction du produit choisi, et contrôlent les quantités destinées à l’exportation ou à la consommation locale, quelles que soient leur foi et confiance aux bienfaits du partenariat public-privé...

Mais du côté des autorités, on répond que des réflexions sont toujours en cours afin que la loi adoptée dernièrement par le Parlement et les résolutions du forum sur l’agribusiness permettent d’atteindre l’objectif d’autosuffisance alimentaire.  Et ces dernières de rappeler que l’agriculture familiale figure dans les thématiques retenues dans les assises organisées aussi bien pour le foncier que pour l’alimentation et la transformation du secteur agricole.

Pour la riziculture, la société civile demande à ce que les mesures en vue de la maîtrise de l’eau, qui revêt une importance capitale, soient développées dans la Stratégie Nationale pour l’Agribusiness (version juillet 2020) et dans le Plan Emergence Madagascar. « Le dérèglement climatique perturbe gravement les activités agricoles. Il faut une solution explicite aux problèmes récurrents de soudure rencontrée par la majorité des paysans ».

On prend également comme exemple l’agrégation agricole ayant été appliquée pendant plus de 10 ans par le Plan Maroc Vert qui montrerait que le paysan devient de plus en plus dépendant et n’a pas les moyens de contrôler les prix de vente de sa production. « Un appel à la vigilance « , a ainsi été lancé afin que des balises soient posées pour que les paysans soient les gagnants de cette réforme.

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