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ECONOMIE BLEUE | Accord entre LGA-OSO et les communautés



Suite aux plaintes des communautés riveraines de la société LGA-OSO Farming, connue aussi sous l’appellation « Les Gambas de l’Ankarana », fondée par l’homme d’affaires Salim Ismail, les représentants de l’entreprise ont rencontré une délégation des riverains dirigée par l'association des pêcheurs FUP BATAN à Ampampamena. Madagascar Newsroom revient sur l’accord signé dernièrement entre les protagonistes.

Ainsi, les deux parties, au cours de leur réunion qui ont porté sur l’environnement, la pêche, les aspects sociaux et le foncier, sont parvenues à une entente. Concernant l’environnement sur le littoral, en réponse aux plaintes concernant l'ambiguïté sur les limites entre la zone gérée par la Communauté Locale de Base (CLB) et les terrains de la société OSO-LGA, cette dernière a présenté une carte donnant des éclairages sur sa localisation dans la zone Ambavanankarana, Ampangahia et autres.




Sur la question de la détérioration des mangroves, la société a promis d’entreprendre la restauration des terrains et des mangroves à Port Saint Louis (Antsohimbondrona) et l’entreprise a déclaré qu’elle ne construirait pas d'infrastructures à cet endroit. Tous les travaux seront ainsi réalisés en collaboration avec le CLB local et la FUP BATAN. En ce qui concerne la destruction des mangroves autour de l'OSO-LGA, la société procédera à la plantation d'arbres et à l'installation de pépinières durables dans les zones où les dégâts sont les plus marqués.

La société a expliqué que le changement climatique est à l'origine de l'élévation du niveau de la mer, comme on le voit dans d'autres pays, et non la présence des bassins de LGA. Un projet « Root » sera mis alors en place pour restaurer et améliorer durablement l'environnement du littoral sur le site. Par ailleurs, il a été décidé que les terrains et les mangroves d'Antsohimbondrona, qui étaient auparavant délimités par des bassins à crabes, seront restaurés par le reboisement de la mangrove. La FUP BATAN et la CLB effectueront la sensibilisation sur le terrain et le reboisement ainsi que tout ce qui va avec, la société OSO-LGA assurera le financement pour la réalisation.

Se protéger des « white spot »

Concernant l'interdiction de pêche imposée par l’entreprise dans certaines zones, explication a été donnée que les mesures de protection contre la maladie « white spot » en sont la principale raison puisque seules les aires marines de la région du nord ne sont pas atteintes par cette maladie à Madagascar. D’où les mesures de « bio-sécurité » prises pour protéger l’entreprise qui fait vivre plus de 900 personnes et leurs familles et contribue à l’économie du pays... A savoir que la société interdit la pêche de crabe dans l'estuaire d'Ampangahia et dans une zone de 50 mètres autour de la station de pompage ainsi qu’au débarcadère à Ambavanankarana.

Suite à la demande des pêcheurs de procurer des emplois de substitution rémunérés pour les pêcheurs locaux qui ont perdu leur source de revenus, l'entreprise a répondu qu'elle était disposée à fournir une assistance technique et de qualité à toutes les personnes sans emploi qui sont regroupées en association. Ainsi, si elles cultivent des légumes ou des fruits, ou élèvent des volailles, OSO-LGA achetera les produits qui respectent les normes pour l’alimentation de ses employés.




La société a aussi promis de trouver des solutions à long terme pour mettre fin à la perturbation des activités des pêcheurs qui utilisent la mer, un bien commun, causée par le mouvement des vedettes et des navires détenus et exploités par OSO-LGA. Cette dernière qui s’engage à renforcer la « note de service interne » qui règlementera le mouvement des navires de la compagnie. Les commandants qui ne respecteront pas les règles seront sanctionnés. Devant utiliser une torche à longue portée, les bateaux qui sortent et entrent à Ambavanankarana circuleront à vitesse limitée dès qu’ils verront ou apercevront au loin les pirogues de pêche.

Afin d’éviter les problèmes causés par la non-utilisation de « bouée de repérage » par les pêcheurs qui entraîne un accrochage de leurs filets par les bateaux de la société qui passent, les pêcheurs installeront deux bouées pour les filets de 200 m et trois bouées pour les filets supérieurs à 200 m. La société n’achètera plus de géniteurs aux pêcheurs qui utiliseraient encore des poteaux. « Les difficultés de mise en œuvre nécessitent un partenariat à long terme avec les communautés à la base », a-t-on aussi constaté.

Concernant l'impossibilité pour les pêcheurs d'utiliser les vannes autour du débarcadère et de la station de pompage, OSO-LGA et les pêcheurs ont convenu que pour les filets qui respectent les normes en vigueur, la pêche pourra se faire 50 m après le débarcadère et la station de pompage. Dans le cas de la pêche à la ligne, des techniciens et des pêcheurs effectueront des recherches.

Projet routier confirmé

Concernant la santé, face aux plaintes de la population sur l’inégalité de traitement au dispensaire entre les salariés et des non-salariés de la société OSO-LGA, l’entreprise a répondu qu'il s'agit d’un centre de santé d’entreprise mais prévu pour accueillir d’autres patients.  « Les employés qui sont pressés d’aller au travail sont reçus les premiers parce qu'ils sont rémunérés à l’heure et paient une cotisation. Mais les personnes gravement malades sont prioritaires ». Par ailleurs, la société affirme procéder à des évacuations sanitaires pour toutes les personnes sans exception, gratuitement, par tous les moyens dont elle dispose, bateau, voiture, moto,... lorsqu'une personne est gravement malade et ne peut pas être soignée sur place.

OSO-LGA a nié catégoriquement l'existence des restrictions de circulation dont les habitants se sont plaints à propos de l'utilisation de la route reliant Ambavanankarana et Ampampamena. Ce qui existe, selon elle, ce sont des perturbations dues aux fouilles fréquentes qui sont inévitables, pour protéger l'entreprise contre les vols et la maladie « white spot ». Un accord a déjà été conclu entre l'entreprise et les habitants d'Ambavanankarana sur la route publique Ambavanankarana-Ampapamena. La société cherchera une solution pour aider la population dans l’aménagement du tronçon de la route Station de Pompage - Ambavanankarana. La communauté participera à la réparation des bords tandis que la société utilisera les engins pour réhabiliter la route. Un projet pour la construction de la route Ampangahia -Ampapamena - Ambavanankarana – Ampangahia a aussi été confirmé. 




Les habitants se sont aussi plaints de l’insuffisance d’eau et d'infrastructures pour obtenir de l'eau potable. La société a répondu qu'elle avait déjà fourni quatre bornes-fontaines et en a installé une nouvelle à l'aéroport utilisable par tout le monde. Tout ceci est placé sous la gestion de la commune et les présidents de fokontany devraient se rapprocher de la municipalité d'Antsaravibe pour la gestion et la protection des équipements installés.

Concernant le foncier dans la localité de  Bobasakoa, les terrains d'OSO-LGA - qui sont tous au nom de la société SIGAMMA - couvrent 1.804 ha, selon les déclarations de la société et selon la copie d’un document présentée au cours de la réunion. Des représentants de cette commune ont affirmé que les habitants ne connaissaient pas les détails sur l'acquisition de terrains, ni les dimensions ni les démarches qu'elle a effectuées pour obtenir légalement ces terrains, ce qui a déclenché des protestations publiques sur place. OSO-LGA a répondu qu’elle s'est conformée à toutes les procédures et étapes du processus légal d'obtention de terrains domaniaux qu’elle a fini de régler le prix en 2000.

Un comité à créer

La société a affirmé également payer des impôts fonciers à la commune de Bobasakoa conformément à la superficie du terrain (IFT) mentionnée dans le titre foncier. Face à cette situation, les habitants de Bobasakoa et OSO-LGA ont exprimé leur volonté de rencontrer les responsables pour recevoir de nouveau des explications sur la manière dont la société a obtenu le terrain et trouver une solution durable. La communauté locale et l'équipe FUP BATAN organiseront une rencontre des deux parties, dans un endroit neutre, dans les prochains mois.




Concernant la mise en œuvre des décisions prises lors de la réunion, les deux parties ont convenu qu’un groupe sera mis en place pour assurer l’application, le suivi et l’évaluation des décisions et des recommandations enregistrées. Un « comité de pilotage, de suivi et de contrôle sera mise sur pied dans lequel diverses structures et organismes, tant publics que privés, seront impliqués. Il sera mis en place dans un délai de deux mois », a-t-on aussi rapporté.

Les participants à la réunion ont signé le procès-verbal. « Beaucoup de travail reste à faire suite à ces accords et engagements pris. Il est donc important et urgent de passer à l'étape suivante qui consiste à mettre en place le groupe chargé de la mise en œuvre, du suivi et de l’évaluation des décisions et recommandations, ainsi que  le comité de pilotage, de suivi et de contrôle », ont commenté la plateforme de la société civile qui suit l’évolution de ce dossier.

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