Une nouvelle feuille de route a été concoctée par le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage et ses partenaires, avec l’ambition affichée de transformer durablement le secteur primaire à Madagascar. La présentation officielle a eu lieu vendredi à à Antananarivo, lors d’une réunion entre le Secrétariat général du ministère et les directeurs régionaux de l’Agriculture et de l’Élevage (DRAE).
Représentant le ministre de tutelle, le secrétaire général Lambo Tiana Fabien Randriambololona a exposé les grandes lignes de ce plan d’action, placé sous le signe de la modernisation. Selon les responsables présents, cette nouvelle orientation vise à rompre avec des approches jugées trop centralisées ou insuffisamment adaptées aux réalités locales. Le document stratégique met l’accent sur un renforcement du pilotage des actions de développement à l’échelle régionale. L’objectif est d’améliorer la coordination entre l’administration centrale et les acteurs de terrain afin que les projets engagés répondent plus précisément aux besoins spécifiques des différentes régions du pays. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’agriculture et l’élevage demeurent des piliers essentiels de l’économie malgache, tant en matière d’emplois que de sécurité alimentaire.
Deux leviers principaux structurent cette feuille de route. Le premier concerne le développement d’infrastructures jugées structurantes pour le secteur productif. Les autorités évoquent notamment la mise en place ou la réhabilitation de réseaux d’irrigation, l’aménagement de pistes de désenclavement et la création de centres de stockage. Ces équipements sont présentés comme indispensables pour sécuriser la production, limiter les pertes post-récolte et améliorer l’accès aux marchés. Le second axe porte sur l’optimisation des méthodes de travail au sein de l’administration et dans l’accompagnement des exploitants. Il s’agit, selon les responsables ministériels, d’adopter des processus plus efficaces et plus réactifs, afin de mieux soutenir les agriculteurs et les éleveurs dans leurs activités. Cette évolution organisationnelle doit permettre un suivi plus rigoureux des projets et une allocation plus ciblée des ressources.
Au-delà des aspects techniques et institutionnels, la stratégie présentée revendique une portée plus large. Les autorités entendent faire de l’agriculture un levier de création de richesse et de transformation sociale. L’objectif ne se limite pas à une augmentation des rendements ou à une amélioration des indicateurs de production, mais vise également à renforcer les revenus des ménages ruraux et à professionnaliser davantage le secteur. Dans cette perspective, le concept d’« agribusiness » occupe une place de choix. Le gouvernement souhaite encourager la transformation progressive des exploitations familiales en entreprises rurales structurées, capables d’accéder à des financements, d’intégrer des chaînes de valeur organisées et de développer des activités à plus forte valeur ajoutée. Cette orientation traduit une volonté de moderniser les pratiques agricoles tout en favorisant l’émergence d’un tissu économique rural plus dynamique.
La mise en œuvre effective de cette feuille de route dépendra toutefois de plusieurs facteurs, dont la mobilisation des ressources financières, la capacité de coordination entre les différents niveaux de l’administration et l’adhésion des producteurs. Les prochaines étapes consisteront à décliner les orientations stratégiques en plans opérationnels régionaux et à en assurer le suivi. "À travers cette initiative, le ministère entend inscrire l’agriculture et l’élevage au cœur des priorités nationales, avec l’ambition d’en faire un moteur durable de développement économique et social à Madagascar", a-t-on aussi fait savoir.


