Le Colonel Michaël Randrianirina a été reçu ce mardi par le président français Emmanuel Macron au Palais de l'Élysée. Cette rencontre intervient une semaine après un entretien du chef de l’État malgache avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou.
En quelques jours, le président de la Refondation de la République de Madagascar aura ainsi enchaîné deux capitales majeures et rencontré deux dirigeants de puissances aux positions influentes sur la scène internationale. Si le rythme soutenu de ces déplacements a suscité des commentaires, la présidence malgache a tenu à en préciser la portée. Dans une communication officielle, elle indique que ce « voyage de travail est centré sur des entretiens ciblés et des dossiers précis », avant d'ajouter que dans un contexte international marqué par de nombreux défis, la partie malgache « réaffirme son engagement pour un partenariat renouvelé, équilibré et résolument tourné vers l’avenir ».
Le calendrier diplomatique retient l’attention. La séquence Moscou-Paris s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions persistantes et des recompositions d’alliances. Dans ce cadre, la succession rapide de ces rencontres peut être interprétée comme une volonté de diversification des partenariats extérieurs de Madagascar. Les autorités malgaches ne se sont pas exprimées en détail sur le contenu des discussions menées en Russie, mais elles ont évoqué des échanges portant sur des questions stratégiques. À Paris, l’accent a semblé davantage orienté vers la coopération économique. Avant son entretien à l’Élysée, la délégation malgache a rencontré, dans la matinée, des représentants de Medef International, branche internationale de l’organisation patronale française. Cette étape visait à présenter les priorités économiques du gouvernement et à échanger avec des investisseurs potentiels.
Selon des déclarations faites à cette occasion, le Colonel Michaël Randrianirina a indiqué que Madagascar souhaitait « bâtir un cadre de coopération orienté vers la confiance », plutôt que solliciter une assistance ponctuelle. Les autorités malgaches mettent en avant la nécessité d’attirer des investissements productifs dans plusieurs secteurs jugés stratégiques pour soutenir la croissance et répondre aux attentes sociales. La France demeure un partenaire économique important pour Madagascar, avec des entreprises présentes dans des domaines variés tels que l’énergie, les infrastructures, les télécommunications ou l’agroalimentaire. Dans un contexte de contraintes budgétaires et de besoins en financement élevés, la mobilisation de capitaux étrangers constitue un enjeu central pour le gouvernement malgache.
L’entretien entre Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina devait également permettre d’aborder l’état des relations bilatérales, ainsi que les perspectives de coopération dans les domaines économique, institutionnel et culturel. Aucune annonce majeure n’avait été rendue publique à l’issue de la rencontre au moment de la rédaction de cet article. En multipliant les contacts à haut niveau, le président malgache semble chercher à inscrire son action extérieure dans une logique d’ouverture et de diversification. Reste à savoir comment cette stratégie se traduira concrètement dans les mois à venir, tant sur le plan diplomatique qu’économique.


