Les agro-industries malgaches jouent de plus en plus un rôle de taille dans la transformation économique et sociale du pays. Présentes sur le terrain, elles investissent dans les zones rurales, travaillent étroitement avec les agriculteurs et contribuent activement à la structuration des filières agricoles. Pour Rivo Andriamanalina, Président de Association des Agro-Industries de Madagascar (AIM), il est essentiel que les politiques de soutien, notamment fiscales et douanières, épaule davantage ces acteurs économiques qui prennent des risques et créent de la valeur ajoutée au niveau national.
Pour l'AIM, les entreprises qui la constituent illustrent concrètement cette dynamique. "Ensemble, elles collaborent avec plus de 200 000 agriculteurs à travers le pays et génèrent environ 20 000 emplois directs. Ces chiffres témoignent de l’impact structurant de l’agro-industrie sur l’économie malgache. Au-delà des statistiques, il s’agit d’un véritable partenariat entre le monde industriel et le monde rural, où la transformation locale des matières premières devient un levier de développement durable", a-t-on soutenu. En achetant du maïs, du soja ou encore de l’orge pour alimenter les filières avicole, porcine et aquacole, ces entreprises renforcent le lien entre production agricole et transformation industrielle. Ce modèle favorise la création de chaînes de valeur intégrées, où chaque acteur – du producteur au transformateur – trouve sa place.
Et ce groupement professionnel d'ajouter que les agriculteurs bénéficient de débouchés stables et d’un accompagnement technique, tandis que les industries sécurisent leurs approvisionnements et améliorent la qualité des produits finis. Dans un contexte où près de 45 % de la production agricole est autoconsommée et seulement 10 % fait l’objet d’une transformation agro-industrielle, le potentiel de croissance reste considérable. Le faible taux d’industrialisation limite la capacité du pays à créer davantage de valeur ajoutée localement. En soutenant les agro-industries, Madagascar peut accélérer la transformation de ses ressources agricoles et réduire sa dépendance aux importations de produits transformés.
Le développement de l’agro-industrie est aussi présenté par l'AIM comme un enjeu d’aménagement du territoire. En investissant dans les zones rurales, les entreprises de la filière participent à la dynamisation économique de régions souvent enclavées. Elles favorisent la création d’emplois formels, contribuent à la modernisation des infrastructures et encouragent l’émergence de pôles économiques locaux. Cette structuration des territoires permet de limiter l’exode rural et de renforcer la cohésion sociale. Cependant, pour que cette dynamique se consolide, un environnement politique et réglementaire favorable est indispensable.
Des politiques fiscales et douanières adaptées peuvent ainsi encourager l’investissement, faciliter l’importation d’équipements industriels et protéger la production locale face à la concurrence extérieure. Pour Rivo Andriamanalina, il ne s’agit pas seulement d’accorder des avantages, mais de reconnaître le rôle stratégique de ces entreprises dans la construction de la souveraineté économique du pays. Soutenir les agro-industries, c’est donc investir dans un modèle de développement intégré, où agriculture et industrie avancent main dans la main. C’est aussi affirmer une ambition nationale : transformer davantage sur place, créer des emplois durables et renforcer l’indépendance économique de Madagascar. "À travers l’engagement de ses membres, l’AIM démontre que cette vision est déjà en marche et qu’elle mérite d’être amplifiée par des politiques publiques cohérentes et volontaristes", a-t-il également expliqué.


