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MADAGASCAR - SYSTEME FIDUCIAIRE | BFM poursuit les consultations

Banky foiben’i Madagasikara (BFM) a récemment initié une séance d’échanges avec des enseignants-chercheurs et des étudiants afin d’alimenter la réflexion autour d’une éventuelle réforme dy système fiduciaire national.


Banky foiben’i Madagasikara (BFM) a récemment initié une séance d’échanges avec des enseignants-chercheurs et des étudiants afin d’alimenter la réflexion autour d’une éventuelle réforme dy système fiduciaire national. Au cœur des discussions figure une de refonte de la gamme de billets en circulation, avec un plafonnement à 1 000 unités, ce qui impliquerait la disparition des coupures actuelles allant de 2 000 à 20 000 ariary.


Cette initiative intervient dans un contexte économique marqué par une transformation progressive des usages monétaires. En effet, le billet de 20 000 ariary occupe aujourd’hui une place prépondérante dans les transactions, représentant plus de 70 % de la circulation fiduciaire. Une telle concentration traduit une réalité économique préoccupante : l’érosion continue du pouvoir d’achat et la hausse progressive des prix. Pour les autorités monétaires, cette situation justifie une réflexion sur l’adaptation de l’échelle des valeurs monétaires afin de mieux correspondre aux dynamiques économiques actuelles. La réforme envisagée repose notamment sur un principe d’équivalence stricte : 1 000 nouvelles unités correspondraient à 20 000 ariary actuels. Sur le plan technique, cette approche vise à simplifier les transactions et à rendre la monnaie plus lisible. 


Toutefois, cette logique arithmétique ne suffit pas à dissiper les doutes d’une partie de la population. En effet, de nombreux observateurs estiment que les conséquences réelles d’un tel changement pourraient dépasser le simple cadre d’une conversion mathématique. La question du pouvoir d’achat se trouve ainsi au centre des préoccupations. Dans un contexte où le coût de la vie constitue déjà un défi majeur pour de nombreux ménages, la perspective d’une réforme monétaire suscite des inquiétudes. Certains redoutent que la transition vers une nouvelle unité monétaire ne s’accompagne d’ajustements implicites des prix, voire d’arrondis défavorables aux consommateurs. Ces craintes, bien que difficiles à quantifier à ce stade, témoignent d’un climat de méfiance alimenté par les incertitudes.


Par ailleurs, la méthode adoptée par la Banque centrale soulève également des interrogations. Le calendrier évoqué, jugé relativement court par certains analystes, interroge sur la profondeur des études préalables. Une réforme monétaire est un processus complexe, qui touche à des équilibres économiques et sociaux sensibles. Elle nécessite généralement une préparation rigoureuse, des simulations approfondies et une concertation élargie avec les différents acteurs concernés, notamment les entreprises, les commerçants et les institutions financières. Consciente de ces enjeux, BFM prévoit de poursuivre les consultations. Une nouvelle rencontre est annoncée pour le 31 mars 2026 au Stade Barea, réunissant des représentants du secteur privé, des économistes et des commerçants. 


"Cette démarche participative vise à enrichir le débat et à mieux cerner les attentes et les préoccupations des acteurs économiques", a-t-on tenu à souligner. De leur côté, nombre d'observateurs estiment que si la réforme envisagée s’inscrit dans une volonté d’adaptation aux réalités économiques du pays, sa réussite dépendra largement de la capacité des autorités à instaurer un climat de confiance, à garantir la transparence du processus et à démontrer que cette transformation sera véritablement neutre pour le pouvoir d’achat des citoyens.