Approuvée en Conseil des ministres le 19 mai 2026, la Lettre de politique de l’aval pétrolier portée par le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures (MEH) veut redéfinir la stratégie l'Etat dans un domaine considéré comme vital pour l’économie nationale. À travers cette nouvelle orientation, les autorités entendent moderniser le secteur, renforcer la souveraineté énergétique du pays et créer un environnement plus attractif pour les investisseurs.
Cette politique intervient dans un contexte marqué par de nombreux défis. Madagascar reste fortement dépendante des importations d’hydrocarbures, ce qui expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux. La hausse des prix du pétrole ces dernières années a eu des répercussions directes sur le coût de la vie, affectant particulièrement le pouvoir d’achat des ménages. Par ailleurs, plusieurs régions du pays souffrent encore d’une desserte insuffisante en carburants, freinant ainsi le développement économique local. Le gouvernement estime également que le cadre légal actuel n’est plus adapté aux réalités du marché moderne et qu’une réforme profonde s’impose.
Pour répondre à ces enjeux, la stratégie du MEH repose sur quatre axes majeurs. Le premier concerne la sécurisation de l’approvisionnement énergétique. Les autorités souhaitent notamment développer des unités locales de raffinage afin de réduire la dépendance extérieure et garantir une meilleure stabilité des approvisionnements. Cette mesure pourrait également favoriser la création d’emplois et renforcer les capacités industrielles nationales. Le deuxième axe vise l’ouverture du marché à davantage d’opérateurs privés et d’investissements. Le gouvernement ambitionne de stimuler la concurrence afin d’améliorer l’efficacité du secteur et d’encourager l’arrivée de nouveaux acteurs capables d’apporter des capitaux et des innovations. Cette ouverture devrait aussi contribuer à une meilleure couverture du territoire en produits pétroliers.
Le troisième volet porte sur la modernisation de la gouvernance et de la régulation. Les autorités prévoient de renforcer l’autonomie du régulateur afin d’assurer davantage de transparence et d’efficacité dans le suivi du secteur. La digitalisation du contrôle des flux pétroliers figure également parmi les priorités. Cette mesure permettra de mieux surveiller les circuits de distribution, de limiter les fraudes et d’améliorer la traçabilité des produits pétroliers. Enfin, la politique met l’accent sur la transition énergétique et la promotion progressive des carburants alternatifs. Même si les hydrocarbures demeurent essentiels pour l’économie malgache, le gouvernement souhaite préparer le pays aux mutations énergétiques mondiales. Cette orientation pourrait ouvrir la voie à des investissements dans des solutions plus durables et moins polluantes.
Par ailleurs, la constitution de stocks stratégiques nationaux constitue un autre pilier important de cette réforme. Ces réserves permettront de faire face à d’éventuelles crises d’approvisionnement et de renforcer la sécurité énergétique du pays. Selon une source auprès du MEH, l’État malgache affiche, à travers cette nouvelle politique, son ambition de transformer le secteur pétrolier en véritable moteur de développement économique et social. "Le projet de loi annoncé prochainement par le ministère devrait préciser les modalités concrètes de cette réforme, très attendue par les acteurs économiques et les consommateurs", a-t-il ajouté.


