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MADAGASCAR | De la dépendance vis-à-vis de l'étranger

Soixante-six ans après le retour à l'indépendance, Madagascar reste confronté à une question essentielle : celle de sa souveraineté réelle. À l'occasion de la célébration de la fête nationale, le président Michael Randrianirina a reconnu que le pays est encore loin d'avoir atteint une véritable indépendance. Selon lui, la forte dépendance économique et financière vis-à-vis de l'extérieur empêche la Grande Île d'exercer pleinement sa souveraineté.


Soixante-six ans après le retour à l'indépendance, Madagascar reste confronté à une question essentielle : celle de sa souveraineté réelle. À l'occasion de la célébration de la fête nationale, le président Michael Randrianirina a reconnu que le pays est encore loin d'avoir atteint une véritable indépendance. Selon lui, la forte dépendance économique et financière vis-à-vis de l'extérieur empêche la Grande Île d'exercer pleinement sa souveraineté.


Dans son allocution, le chef de l'État a rappelé que les financements étrangers occupent encore une place centrale dans le développement du pays. Cette situation expose Madagascar aux conséquences des crises internationales et aux fluctuations de l'économie mondiale. « Nous sommes encore dépendants des étrangers », a-t-il déclaré, estimant que la célébration de l'indépendance devait également être un moment de réflexion sur le chemin restant à parcourir pour bâtir une nation plus autonome. Cette dépendance se traduit aussi sur le plan social. Les politiques publiques, les investissements et plusieurs projets de développement reposent largement sur les partenaires internationaux. Si cette coopération demeure indispensable à court terme, elle soulève néanmoins la question de la capacité du pays à financer lui-même ses priorités stratégiques. 


Pour le PRRM, la véritable indépendance ne pourra être atteinte que lorsque Madagascar disposera des ressources nécessaires pour assurer son développement sans dépendre excessivement des financements extérieurs. Dans le même temps, la célébration du 66e anniversaire de l'indépendance a illustré l'importance géopolitique croissante de Madagascar. Les messages de félicitations adressés par les dirigeants de plusieurs grandes puissances témoignent de l'intérêt que suscite la Grande Île dans un contexte international marqué par la compétition d'influence. La Chine a mis en avant son partenariat historique avec Madagascar, les États-Unis ont insisté sur les perspectives de coopération économique et commerciale, tandis que la Russie a réaffirmé sa volonté de renforcer sa collaboration avec le pays. Sans oublier la présence de chefs d'État africains et de nombreuses délégations étrangères lors de la cérémonie.


Selon les observateurs, cette convergence d'intérêts offre à Madagascar des opportunités importantes en matière d'investissements, de commerce et de coopération.  Toutefois, ces mêmes observateurs soutiennent que cette convergence exige également une diplomatie équilibrée afin de préserver les intérêts nationaux. La souveraineté ne consiste pas à s'isoler du reste du monde, mais à être capable de choisir librement ses partenaires et de défendre ses priorités sans subir de pressions extérieures. Le message présidentiel se veut néanmoins porteur d'espoir. Michael Randrianirina a appelé les Malgaches à poursuivre leurs efforts afin de construire une économie plus solide, de valoriser les richesses nationales et de réduire progressivement la dépendance extérieure. 


Manière pour le chef de l'Etat de souligner que la souveraineté de Madagascar ne se mesurera pas uniquement à son indépendance politique mais surtout à sa capacité à assurer son développement économique, à créer des emplois, à renforcer ses institutions et à décider librement de son avenir. C'est dans cette perspective que le pays pourra progressivement transformer son indépendance historique en une souveraineté pleinement assumée. Quant à la population, elle continue, dans sa très grande majorité, de naviguer entre espoirs et illusions.