Le gouvernement malgache affirme poursuivre sa stratégie de transformation numérique du secteur agricole avec le lancement d'une infrastructure publique numérique dédiée à l'agriculture et de trois premiers services numériques destinés aux producteurs. L'initiative a été présentée dernièrement à l'occasion d'un atelier consacré à l'élaboration de la feuille de route nationale pour la numérisation de l'agriculture.
Organisé conjointement par les ministères de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement numérique avec l'appui de la Banque mondiale à travers le mécanisme Korea World Bank Partnership Facility (KWPF), l'atelier a permis notamment d'expliquer que le projet repose sur la mise en place d'une infrastructure publique numérique agricole destinée à centraliser et à sécuriser les données relatives à l'agriculture, à l'élevage et à la pêche. Selon les autorités, cette plateforme doit garantir l'interopérabilité des différents systèmes d'information tout en assurant la souveraineté des données produites par le secteur.
Trois premières solutions numériques ont été dévoilées à cette occasion. La première consiste en un annuaire national des producteurs, conçu comme une base de données unifiée des exploitants agricoles. La deuxième associe un système de suivi des prix des produits agricoles à un dispositif d'alerte météorologique diffusant des informations actualisées en temps réel. La troisième prend la forme d'une plateforme de conseil agricole numérique, destinée à fournir aux producteurs des recommandations adaptées à leurs cultures, à leur localisation et aux conditions climatiques. Selon le ministère de l'Agriculture, ces outils doivent permettre d'améliorer l'accès des exploitants aux informations sur les marchés, de faciliter la prise de décision en matière de production et de renforcer leur capacité d'anticipation face aux risques climatiques.
Le développement de ces solutions a été confié à trois entreprises sélectionnées par les autorités, sous la supervision de l'assistant technique NextA. Au-delà des cultures, la transformation numérique concerne également l'élevage. Des projets sont actuellement en cours pour développer des solutions de digitalisation des ruches ainsi que des outils de suivi sanitaire numérique des cheptels bovins. Ces dispositifs visent à améliorer la collecte de données, le suivi des exploitations et la gestion des risques sanitaires. Rappel a aussi été fait que l'agriculture demeure l'un des principaux moteurs de l'économie de la Grande Ile. D'après les données de la Banque mondiale, le secteur contribue à près de 30 % du produit intérieur brut, représente environ 40 % des recettes d'exportation et fait vivre près de 70 % de la population active.
Malgré ce poids économique, les performances du secteur restent limitées par de faibles niveaux de productivité, un accès insuffisant aux services agricoles et une forte exposition aux aléas climatiques. Les partenaires techniques et financiers considèrent que les technologies numériques peuvent contribuer à répondre à une partie de ces défis. En facilitant l'accès à l'information, en améliorant la diffusion des conseils agricoles et en renforçant les systèmes d'alerte, elles sont susceptibles de soutenir les rendements, de favoriser l'accès aux marchés et d'améliorer la résilience des exploitations face aux effets du changement climatique.
Cette initiative s'inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs années par les autorités malgaches avec l'appui de partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). La future feuille de route nationale pour l'agriculture numérique doit définir les orientations du pays en matière de gouvernance des données, de développement des infrastructures numériques et de déploiement de services digitaux à destination des producteurs, avec l'objectif d'accompagner durablement la modernisation du secteur agricole.


