Après une interruption de six années, le gouvernement a relancé, ce vendredi, au Centre de conférences international d'Ivato, la revue semestrielle de l'exécution du budget de l'État. Présidée par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et organisée par le ministère de l'Économie et des Finances, cette rencontre a réuni les membres du gouvernement ainsi que les responsables des principales institutions et administrations publiques.
L'objectif était d'évaluer l'état d'avancement de l'exécution budgétaire au terme du premier semestre et d'identifier les principaux obstacles à la mise en œuvre des projets d'investissement public. Les travaux ont porté sur l'évolution des recettes de l'État, l'exécution des dépenses publiques ainsi que la progression des Projets d'investissement public (PIP), considérés comme un levier majeur de développement. Selon le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, cette revue vise à établir un état des lieux objectif de la situation budgétaire afin de mieux orienter les décisions pour la seconde moitié de l'année. Il a indiqué que l'exercice devait permettre d'identifier les difficultés rencontrées dans l'exécution des programmes sans que cette évaluation soit perçue comme un mécanisme de sanction.
Au cours de la rencontre, plusieurs facteurs expliquant les retards dans la réalisation des projets ont été mis en avant. Parmi les contraintes évoquées figurent la complexité des procédures administratives, la lenteur des procédures de passation des marchés publics, les retards de décaissement des financements ainsi que certaines insuffisances techniques dans la conduite des projets. Ces différents éléments continuent de ralentir l'exécution de plusieurs investissements prioritaires. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité d'apporter des réponses concrètes à ces difficultés afin d'améliorer l'efficacité de l'action publique. Il a appelé les différents départements ministériels à renforcer la coordination et à accélérer la mise en œuvre des projets, en mettant l'accent sur la rapidité d'exécution, les résultats obtenus et la recherche de solutions innovantes.
Le chef du gouvernement a souligné en outre que l'investissement public constitue un élément essentiel de la politique de développement, en raison de son impact sur les infrastructures, les services publics et les conditions de vie de la population. Les échanges ont également été structurés autour des trois principales composantes du budget de l'État définies par le ministère de l'Économie et des Finances : les dépenses de fonctionnement, les investissements financés sur ressources internes et les projets soutenus par les partenaires techniques et financiers. Cette approche doit permettre d'apprécier les performances de chaque catégorie de dépenses et de mieux cibler les mesures correctives lorsque cela s'avère nécessaire.
Au terme des six premiers mois de l'année, le taux d'exécution des investissements financés sur ressources extérieures s'établit à 17 %, contre 24 % pour les investissements financés sur ressources internes. Malgré ces niveaux d'exécution encore limités, le gouvernement souligne que plusieurs réalisations sont déjà visibles, notamment dans le domaine des infrastructures routières. Pour le second semestre, les autorités entendent faire de cette revue budgétaire un véritable instrument de suivi et de pilotage. L'objectif affiché est d'accélérer la mise en œuvre des investissements, de réduire les retards constatés et d'améliorer le taux d'exécution des crédits inscrits au budget, afin que les projets programmés se traduisent progressivement par des infrastructures et des services répondant aux besoins de la population.


