Banky Foiben'i Madagasikara (BFM) a décidé de relever son taux directeur de 12 % à 12,50 % à l'issue de la réunion de son Comité monétaire tenue le 4 août. D'après la banque des banque, cette décision s'inscrit dans le cadre de sa politique de maîtrise de l'inflation, alors que la hausse des prix à la consommation montre des signes d'accélération après plusieurs mois de ralentissement.
La Banque centrale indique que cet ajustement vise à préserver la stabilité financière et à ramener progressivement le taux d'inflation vers son objectif de 5 % à moyen terme. Selon les données publiées par l'institution, le taux d'inflation annuel s'est établi à 8,6 % en juin 2026, contre 6,8 % à la fin du mois de mars. Cette évolution est principalement attribuée à la progression de l'inflation sous-jacente, qui atteint désormais 11,4 %. Cet indicateur, qui exclut les produits dont les prix sont les plus volatils, est considéré comme un reflet des tendances de fond de l'évolution des prix.
BFM estime que plusieurs facteurs contribuent à cette reprise des tensions inflationnistes. Parmi eux figurent les perturbations des chaînes d'approvisionnement liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui continuent d'avoir des répercussions sur les coûts de transport et sur les prix de plusieurs produits à l'échelle internationale. Face à cette situation, elle considère que les conditions monétaires en vigueur ne présentaient plus un caractère suffisamment restrictif pour freiner la progression de l'inflation. Le relèvement du taux directeur constitue ainsi un instrument destiné à limiter les pressions sur les prix en influençant les conditions de financement au sein de l'économie.
Parallèlement à cette décision, la Banque centrale observe des signes de reprise de l'activité économique. Au deuxième trimestre 2026, l'Indicateur infra-annuel d'activité économique (IIAE) a progressé de 4,8 % par rapport au trimestre précédent. En comparaison avec la même période de l'année précédente, la hausse est de 0,3 %. Malgré un climat des affaires que l'institution qualifie de peu favorable, la prévision de croissance économique pour l'ensemble de l'année 2026 est maintenue à 3 %. Cette progression devrait être principalement soutenue par le secteur des services. Sur le plan extérieur, la situation monétaire demeure jugée favorable. Au cours du premier semestre de l'année, l'ariary s'est apprécié de 9,3 % face à l'euro et de 7 % par rapport au dollar américain. Cette évolution s'expliquerait notamment par une diminution de la demande en devises ainsi que par des entrées régulières de flux financiers. Les réserves officielles de change atteignent désormais 3,68 milliards de dollars, un niveau correspondant à environ sept mois d'importations de biens et services.
La Banque centrale souligne toutefois que plusieurs risques continuent de peser sur les perspectives économiques. Elle cite notamment la poursuite des conflits internationaux, la volatilité des prix mondiaux des produits de base, la hausse des coûts de l'assurance maritime ainsi que les effets potentiels du relèvement du salaire minimum sur les coûts de production et les prix. Dans ce contexte, BFM indique poursuivre un suivi attentif de l'évolution de la conjoncture économique nationale et internationale. L'institution affirme être prête à ajuster sa politique monétaire si les conditions l'exigent, "afin de préserver la stabilité macroéconomique et financière du pays tout en favorisant un environnement propice à une croissance durable".


