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SECTEUR ENERGETIQUE | Capter les investissements turcs

Madagascar entend approfondir sa coopération avec la Türkiye dans les secteurs de l’énergie et des hydrocarbures, avec l’objectif notamment d’attirer davantage de capitaux, de technologies et de compétences pour répondre aux besoins d’infrastructures du pays.


Madagascar entend approfondir sa coopération avec la Türkiye dans les secteurs de l’énergie et des hydrocarbures, avec l’objectif notamment d’attirer davantage de capitaux, de technologies et de compétences pour répondre aux besoins d’infrastructures du pays.


Cette orientation s’est traduite par une rencontre entre le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, et une délégation conduite par l’ambassadrice de Türkiye à Madagascar, Halime Ebru Demircan. Les discussions ont notamment porté sur les possibilités de partenariat dans la production d’électricité, les besoins en équipements ainsi que l’appui technique susceptible d’être apporté par des acteurs turcs. La préparation d’un prochain atelier en Türkiye figure également parmi les pistes retenues. Dans le domaine des hydrocarbures, les échanges ont porté sur un autre besoin considéré comme prioritaire : le renforcement des capacités de stockage des produits pétroliers. Il s’agit notamment des infrastructures destinées à la réception des produits importés et des dépôts de stockage. Pour Madagascar, l’enjeu est autant logistique qu’énergétique, dans un pays qui demeure fortement dépendant des importations de carburants.


Cette démarche intervient alors que le secteur énergétique reste confronté à d’importantes contraintes. En avril 2026, les autorités avaient décrété un état d’urgence énergétique de quinze jours, dans un contexte de forte hausse des cours internationaux du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient. Le gouvernement avait alors indiqué vouloir limiter l’impact de cette situation sur les prix des carburants. Sur le front de l’électricité, les besoins sont également considérables. La modernisation des équipements existants constitue une priorité, comme l’a illustré la mise en service de deux transformateurs de 25 MVA à la sous-station de Tana-Sud, en avril. Le ministère de l’Énergie a présenté cette opération comme une mesure destinée à remplacer un équipement vieillissant et à accroître la capacité du réseau.


Financer des projets structurants

Les discussions avec Ankara s’inscrivent dans une volonté plus large de renforcer les relations économiques bilatérales. En janvier, le gouvernement malgache avait déjà échangé avec la représentation diplomatique turque sur la participation d’entreprises turques à des projets d’infrastructures, notamment dans les routes, les ports, les aéroports et les centrales électriques. La Türkiye avait alors mis en avant son savoir-faire, ses technologies et son expertise dans ces domaines. En avril, le ministère malgache des Affaires étrangères avait également indiqué que l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, le tourisme et l’industrie figuraient parmi les secteurs susceptibles de faire progresser la coopération entre les deux pays. Madagascar cherche ainsi à diversifier ses partenaires économiques et à attirer de nouveaux investissements pour financer des projets structurants.


Cette orientation avait notamment été défendue lors du Forum diplomatique d’Antalya, où la diplomatie malgache avait présenté le pays comme une destination d’investissement et mis en avant les possibilités offertes aux entreprises turques dans l’énergie et les infrastructures. Le même forum avait permis d’évoquer la montée en puissance des investissements turcs en Afrique dans plusieurs secteurs, dont le gaz et les infrastructures. Pour Madagascar, le potentiel du marché énergétique constitue un argument important pour attirer de nouveaux investisseurs. La Türkiye dispose elle-même d’une expérience croissante dans les infrastructures énergétiques, notamment dans les énergies renouvelables et le stockage. Mais l’intérêt exprimé par les deux parties ne signifie pas encore que des investissements turcs précis ont été conclus dans les secteurs concernés. À ce stade, les discussions portent principalement sur des perspectives de coopération, des besoins techniques et la préparation de futurs échanges. 


Les statistiques publiées en juin par le ministère turc du Commerce faisaient état de 69,2 milliards de dollars de positions de capitaux turcs dans 128 pays à fin 2025, illustrant l’importance accordée par Ankara à son implantation économique internationale. La rencontre entre les responsables malgaches et turcs constitue ainsi davantage une étape de préparation qu’un aboutissement. La tenue du prochain atelier en Türkiye pourrait permettre de préciser les projets, les besoins d’équipements et les modalités de participation des entreprises turques. Pour Madagascar, l’enjeu sera surtout de transformer les déclarations de coopération en projets effectivement financés et réalisés, tout en veillant à leur viabilité économique, à la transparence des procédures et à leur contribution à la sécurité énergétique du pays.