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FRAIS DE SCOLARITE | L’option de la digitalisation



Selon un rapport de la Banque Mondiale, les frais de scolarité constituent le principal obstacle financier à l’éducation. Beaucoup trop d’enfants ne sont pas scolarisés simplement parce que leurs parents n’ont pas les moyens de payer les frais de scolarité, d’uniforme et de fournitures. Madagascar rencontre le même problème. Avec une population de 26,3 millions d’habitants, la Grande Ile fait partie des pays les plus pauvres du monde, 75 % de la population vivant avec moins de 1,9 dollar par jour.

« Nous rencontrons d’énormes difficultés à collecter les frais de scolarité, le principal obstacle est le retard des paiements. Beaucoup de parents n’arrivent pas à payer les frais de scolarité de leurs enfants à temps », constate un directeur d’école privée à Madagascar. Certains parents n’arrivent pas à payer à temps, d’autres n’arrivent pas à payer tout court, ces différents cas de figures accentuent le casse-tête du recouvrement pour les écoles.

Selon l’UNESCO, sur 7 918 135 enfants, adolescents et jeunes en âge d’aller à l’école à Madagascar, il y en a encore 1 821 171 qui ne sont pas scolarisés, soit un taux de 23 %. En 2017, 88,3 % des parents ont déclaré que le retour de leurs enfants à l’école serait possible si la contribution était gratuite ou plus accessible. Parmi eux, 66 840 enfants en âge de fréquenter le primaire (6 à 10 ans), 627 799 d’enfants en âge de fréquenter le premier cycle du secondaire (11 à 17 ans) et 1 126 532 en âge de fréquenter le deuxième cycle du secondaire (18 à 22 ans).

Mais comment palier à ce problème ? Comment faciliter le recouvrement et par la même occasion le paiement des frais de scolarité ?


Les écoles confrontées à différents défis

Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), la part de la scolarisation dans les écoles primaires privées est passée de 6 % en 2007 à 11 % en 2017 sur le continent, et dans les écoles secondaires de 8 % à 15 %. Les inscriptions dans les établissements privés d’enseignement supérieur ont quintuplé, passant de 3 % à 16 %. 

C’est d’autant plus vrai à Madagascar car les écoles privées sont en pleine expansion. Au niveau du collège et du lycée, les écoles privées représentent respectivement 57 % et 73 % des écoles. En effet, l’enseignement privé joue un rôle de plus en plus important dans le secteur de l’éducation en Afrique particulièrement à Madagascar. L’offre publique n’étant pas suffisante, l’enseignement privé prend le relais. 


Par ailleurs, la qualité de l’éducation est meilleure dans le privé que dans le public car le taux d’absentéisme des enseignants est plus bas et ils ont plus d’infrastructures. Beaucoup d’écoles privées sont confessionnelles et les parents les choisissent par convictions religieuses. Mais ces écoles privées sont payantes. Les frais de scolarité des écoles privées varient entre 1 USD et 39 USD par mois en fonction des subventions reçues de l’Etat ou non. Ce qui est largement au-delà de ce que gagne la population moyenne.





L’étude de MSC


Les écoles privées malgaches rencontrent des difficultés à collecter les frais de scolarité. En effet, l’étude conduite par MSC montre que la plupart tiennent encore leur comptabilité de façon manuelle, ce qui entraîne des pertes de données, des données erronées, des problèmes de traçabilité, et de réceptions de fonds en général. Pour beaucoup de familles, cette collecte de frais de scolarité manuelle implique de se déplacer à l’école, ce qui est une perte de temps et d’argent. Si ces familles n’arrivent pas à gagner suffisamment d’argent elles ne peuvent payer l’école à temps. 

Le retard des paiements des frais de scolarité est le problème majeur souligné par les responsables des écoles. Le manque d’infrastructures augmente aussi le problème de recouvrement : peu d’ordinateurs, pas de plateformes ou de process en place pour payer les frais de scolarité, pas de plateformes de gestion des enseignants.


Pourtant des solutions commencent à être testées autour de l’Afrique pour optimiser et améliorer la collecte des frais de scolarité. La digitalisation des frais de scolarité pourrait aider les écoles à mieux gérer leurs revenus et leurs dépenses. Pour les parents, elle permettrait de réduire les coûts liés aux dépenses en éducation.

Mais comment les services financiers digitaux pourraient-ils aider les écoles à optimiser la collecte des frais de scolarité en Afrique ?


Hausser le taux d’inclusion financière

Bien qu’il existe des institutions financières diversifiées, le taux d’inclusion financière dans le pays demeure relativement faible et avec une répartition disproportionnée sur le territoire national. En effet, la majorité des malgaches gèrent leur vie financière hors du système financier. 

A Madagascar, selon Global FinDex en 2017, seulement 18 % des adultes sont inclus financièrement, c’est-à-dire utilisent des services financiers formels (compte dans une institution financière ou compte de mobile money). En outre, 12 % des adultes disposent d’un compte de mobile money. Il faut noter que 30 % des adultes ne sont pas inclus formellement mais ils s’engagent dans les services financiers informels.





Selon MSC, les problèmes peuvent être résolus par l’avènement de la nouvelle technologie porté par les FinTech à condition qu’elles connaissent les besoins réels de la population et qu’elles fassent un travail de sensibilisation et d’adoption de leur produit. La Côte d’Ivoire, par exemple, est parvenue à digitaliser la plupart des paiements des frais de scolarité dans le secondaire en 2014. En effet, 99 % des 1,5 millions d’élèves du pays ont payé leurs frais de scolarité de manière numérique, 94 % via le mobile money et 6 % sur Internet.

Les services financiers sont un élément important pour accélérer le développement sur plusieurs axes dans le domaine de l’éducation. Ils peuvent aider à réduire les contraintes de trésorerie dues aux retards ou au non-paiement des frais de scolarité, ce qui permettra de payer à temps les salaires des enseignants (les retards peuvent avoir un impact négatif sur la qualité de l’enseignement et la motivation des enseignants). 

De plus, ils peuvent permettre des investissements dans les infrastructures ou l’équipement pour améliorer la qualité des enseignements. La digitalisation peut aussi jouer un rôle important dans la gestion des paiements de frais de scolarité et des uniformes.


Les parents ne sont pas réticents 

La population est réceptive à ce type de produits, elle y voit de l’intérêt. L’étude sur l’analyse de la demande des transferts de fond des migrants a démontré par exemple que les familles accueillent favorablement le paiement à distance des frais de scolarité, pour gagner du temps, et que les envoyeurs veulent s’assurer que leur argent est utilisé à bon escient.





La digitalisation des paiements permettrait aux élèves de s’inscrire à l’école de façon plus efficace et les frais d’inscription pourraient ainsi être collectés plus tôt et plus efficacement. Le développement de plateformes par les FinTech ou institutions financières peuvent être une solution bénéfique pour les établissements scolaires, les parents et les élèves. 

En Ouganda, la plateforme de paiement mobile « Kupaa » lancée par Mastercard en partenariat avec l’UNICEF et le ministère Ougandais de l’éducation, a atteint des centaines d’écoles et plus de 100 000 parents et tuteurs. Cette plateforme est bien plus qu’un simple outil de transactions financières. Elle peut aider les écoles à gérer les paiements, à suivre l’assiduité des enseignants et d’autres indicateurs liés aux performances. 

La digitalisation permettrait ainsi aux parents de payer à distance les frais de l’éducation, engendrant un gain de temps et la réduction des coûts de transport. Comme les parents sont identifiés, ils auront la possibilité de payer par tranches qui seront établies en fonction de leurs revenus. L’école sera alors en mesure de suivre en temps réel les paiements effectués et d’optimiser son organisation.

Mais pour faciliter la digitalisation des frais de scolarité, la formation des écoles et la sensibilisation des parents seront nécessaires.

Source : MSC Microsave Consulting
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