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AERIEN | Un secteur dans la tourmente



L’incapacité d’Air Madagascar à accoucher à temps d’un business plan crédible et de se choisir un nouveau partenaire stratégique alors que sa situation est catastrophique, le scandale de corruption qui secoue l’Aviation Civile de Madagascar, les difficultés financières d’Adema (Aéroports de Madagascar)… Le secteur malgache du transport aérien traverse l’une des pires crises de son histoire.

« Le secteur aérien malgache se ruine », écrit le quotidien La Gazette de la Grande Ile dans sa livraison de ce lundi 23 novembre dans un article rapportant que Tovo Ramaholimihaso Rabemanantsoa, le patron de l’ACM, a été mis en liberté provisoire par le Pôle Anti-corruption (PAC) dans le cadre d’une affaire de malversations financières (et aussi de faux, d’usage de faux et d’abus de fonction) introduite par lui-même auprès du Bianco. Deux autres employés de cet établissement ont été placés sous mandat de dépôt depuis jeudi.

Mialy Tantely Rakotomahefa, le procureur de la République au sein du PAC, parle d’un dossier complexe né d’un rapport d’audit en interne diligenté par la nouvelle équipe dirigeante et qui pointe du doigt en premier les habilités à délivrer les différents documents officiels destinés aux professionnels du secteur aérien.

Selon une source interne, l’ACM est aujourd’hui complètement désorganisée et souffre d’une lourde atmosphère de suspicion mutuelle engendrée par les multiples scandales qui ternissent irrémédiablement son image. Une situation qui, selon toujours notre interlocuteur, risque de replonger le pays dans les affres des sanctions infligées par l’Union européenne si l’on ne se ressaisit pas promptement…

Air Madagascar s’enfonce


De son côté, la compagnie aérienne nationale semble se trouver dans l’impasse. Après le départ d’Air Austral, son principal actionnaire, et la montée en puissance de la Cnaps (Caisse de prévoyance sociale) dans son capital, le transporteur n’a toujours pas de nouveau directeur général et ne parvient pas à sortir un nouveau plan de redressement, pourtant promis depuis des mois. Le choix de son prochain partenaire stratégique continue également de diviser en haut lieu. 

En attendant, la compagnie poursuit sa descente aux enfers, au grand désarroi de ses employés. L’impact de la fermeture des frontières pour cause de Covid-19 grève chaque jour ses finances déjà exsangues, les salaires ne sont plus payés normalement, sans oublier les grosses tracasseries quasi-quotidiennes qui caractérisent la gestion de sa flotte vieillissante. 

Quant à Tsaradia, sa filiale spécialisée dans les liaisons domestiques, elle n’est pas encore sortie de l’auberge malgré les 11 millions de dollars consentis par le gouvernement à titre de subvention pour atténuer l’impact de la crise sanitaire sur ses activités.

Adema à bout de souffle


Egalement dans l’expectative depuis le déclenchement, au mois d’août dernier, de la procédure de recrutement d’un nouveau directeur général qui tend à s’éterniser, Aéroports de Madagascar (Adema) fait aussi face à d’importantes difficultés. La société Ravinala, qui doit lui reverser via l’Etat des redevances de concession pour l’exploitation des aéroports d’Ivato et de Nosy Be, a décidé de fermer le robinet depuis l’année dernière arguant qu’Air Madagascar, son premier client, ne règle pas ses factures. 

Par ailleurs, Adema n’arrive pas à pousser l’Etat à apurer les arriérés à son profit. Selon nos informations, ces créances s’élèvent actuellement à plus de 20 milliards d’ariary. Conséquence : la trésorerie de la société qui, pourtant, n’avait jamais subi des soucis financiers majeurs, est sous tension depuis des semaines alors que des échéances décisives approchent concernant le projet d’ouverture aux partenariats pour le développement des principaux aéroports de province.   

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