Le «Bulletin Statistiques de la Dette» n ° 17, qui se focalise sur l’état de la dette publique malgache interne et externe des six premiers mois de l’année, donne une idée de la situation du pays en la matière. Le rapport intègre la dette contractée par l’administration centrale et également celle des sociétés majoritairement détenues par l’Etat. Il comprend également la dette garantie par le gouvernement central et les prêts rétrocédés. 

Les prêts concessionnels dominent


Le bulletin rapporte que de janvier à juin 2020, le gouvernement de Madagascar a signé sept accords de prêt d’une valeur totale de $ 136,1 millions US. Ces accords sont essentiellement constitués de prêts concessionnels. 60,0% des fonds sont utilisés pour l’appui budgétaire, 24,2% pour des projets d’infrastructure, 12,5% pour l’énergie, et 3,3% pour la santé.

À la fin du mois de décembre 2019, l’encours total de la dette publique s’élevait à $ 4 247,5 millions US (équivalent à 15 406,9 milliards MGA), et à la fin du mois de mars 2020, l’encours total de la dette publique s’élevait à $ 4 260,7 millions US (équivalent à 15 999,2 milliards MGA). 76,2% de l’encours est constitué par la dette extérieure, tandis que 23,8% par la dette intérieure. Quant à la garantie octroyée par l’État à fin juin 2020, son niveau a augmenté comparé à celui de décembre 2019, qui est de $ 3,2 millions US (13,6 milliards MGA).

Concernant la dette extérieure, l’encours est passé de $ 3 239,4 milliards US (11 750,3 milliards MGA) en décembre 2019 à $ 3 247,1 milliards US (12 193,2 milliards MGA) à fin mars 2020. Il a légèrement augmenté de 0,3% à fin mars 2020. Pendant le premier trimestre 2020, l’évolution des encours s’explique notamment par le déblocage de prêts projets et de prêts programmes par la Banque mondiale ($ 13,3 millions US), la BEI ($ 12,9 millions US), l’AFD ($ 8,4 millions US), l’OFID ($ 4,3 millions US), le JICA ($ 3,3 millions US), le FIDA ($ 1,4 millions US), et de la BAD ($ 1,1 millions US). 

La répartition de l’encours à fin mars 2020 est la suivante : (i) la dette envers les organisations multilatérales est de 76,0%, (ii) celles envers les créanciers bilatéraux est de 12,5%, (iii) celles envers les banques commerciales est de 2,7%; (iv) celles envers les institutions financières est de 2,6%; et (v) 6,2% sont des arriérés. 

Hausse des BTA et BTF


Bien que 48,7% du portefeuille de la dette publique extérieure soient exposés à la fluctuation du dollar américain et que 27,0%, à la fluctuation de l’euro, le risque de taux d’intérêt auquel le portefeuille est exposé est jugé faible.

A fin juin 2020, l’encours total de la dette intérieure s’élève à Ar 4 580,54 Mds, soit une variation positive d’Ar 774,5 Mds par rapport à fin mars 2020. Cette augmentation est principalement due aux tirages nets des BTA et BTF, ainsi que des avances spéciales de BFM relatives à la rétrocession de la Facilité de Crédit Rapide du FMI. 

La dette intérieure est constituée principalement par les titres d’emprunt intérieur, qui représentent 68,5% des encours, viennent ensuite, les dettes envers BFM, 30,0%, et enfin les dettes envers des sociétés, 1.5%.

Les derniers accords approuvés


A savoir par ailleurs que depuis juin, plusieurs accords signés avec les partenaires techniques et financiers ont été adoptés au niveau de l’Assemblée nationale. C’est le cas dernièrement de celui conclu avec la Banque Africaine de Développement (BAD) qui s’élève à 36,3 millions d’euros, consacrés à la lutte contre la Covid-19. Ce financement entre dans le cadre du programme "Facilite´ d’Appui à la Transition (FAT)".

Il y a eu également l’adoption au niveau de la représentation nationale de l’accord bouclé avec l’Agence Française de Développement (AFD) d’une valeur de 15 millions d’euros qui permettront à Madagascar de faire face aux risques et catastrophes (CAT DDO).

Notons aussi la ratification de l’accord de prêt relatif au financement du Programme d’Appui des politiques de développement pour la riposte à la pandémie de COVID-19 à Madagascar par l’Assemblée nationale lors de sa séance plénière le 30 novembre 2020. Cet accord a été conclu le 08 septembre 2020 entre la République de Madagascar et l’Association International pour le Développement (IDA). 

Cet appui financier à titre de prêt de l’IDA d’un montant équivalent à 75 000 000 USD, vise à appuyer l’Etat dans les actions qu’il mène face à la crise sanitaire. L’objectif du programme est d’adopter des mesures permettant d’endiguer la propagation du virus, protéger les populations vulnérables, soutenir la création d'emplois, renforcer l’accès aux services de base, et la résilience aux chocs futurs.
En outre, une requête d'activation de l'Intervention d'Urgence Conditionnelle du PARN a été adressée à la Banque Mondiale pour faire face à la crise. L’accord de prêt en ce sens a aussi été ratifié par l’Assemblée nationale.

Les chiffres de la Banque centrale


Sur  les  neuf  premiers  mois  de  2020,  les  Opérations  globales  du  Trésor  (OGT)  font  état d’un déficit  estimé à  1,3 % du PIB, après un excédent de 0,6 % du PIB sur la même période de 2019. Le taux de pression fiscale (TPF), hors  remboursement des TVA/TVAPP,  est estimé à 8,8 % à fin septembre 2020, s’il avait  été de 10,3 %  sur la même période en 2019.  

En 2020, bien  que  les  dépenses  sociales  et  de  santé  aient  notablement  augmenté  durant  la  période d’urgence sanitaire, le total des dépenses budgétaires a été limité à 43,2 % de l’enveloppe prévue pour l’année 2020, contre un taux d’engagement de 53,5 % en septembre 2019.

Selon toujours la Banque centrale, le gap de trésorerie a été financé par les ressources extérieures nettes pour environ deux tiers et le reste par les ressources locales. Pour ces dernières, les banques primaires ont principalement contribué  au  financement  du  déficit  budgétaire  à  travers  leurs  souscriptions  aux  émissions de titres publics.

Pour cette année qui s’achève, l’Etat projette un déficit  budgétaire  de  6,7 %  du PIB  avec un  TPF (taux de pression fiscale) attendu de 9,5 % à fin 2020, contre 10,4 % en 2019. Ce déficit serait couvert  en plus grande partie  par la contribution extérieure. L’Etat compte mobiliser  l’intégralité  de  la  Facilité de Crédit Rapide octroyée  par le FMI à fin 2020 et envisage de recourir aux avances statutaires auprès de BFM.