Ouvert à Madrid, à la galerie Sabrina Amrani, jusqu’au 27 mars, « Dancing with the Angels » est un spectacle solo de Joël Andrianomearisoa. Une occasion de (re)découvrir cet artiste originaire de la Grande Ile qui a aussi été choisi par la célèbre maison Dior pour confectionner sa propre version du sac baptisée « Lady Dior Art »


« Affinant encore la frontière déjà fragile des représentations dualistes, Joël ne décide pas entre célébration et commémoration. L’installation les combine sans créer d'amalgame. L'artiste-fleuriste donne à chacun d'entre eux la liberté de s'afficher dans sa diversité en les invitant à habiter l'espace, ensemble », a écrit Meriem Berrada, directrice artistique du Musée d'Art Contemporain Africain Al Maaden.

Joël Andrianomearisoa est un artiste malagasy né en 1977 à Antananarivo, Madagascar. Il vit et travaille entre Paris et sa ville natale. Selon sa biographie officielle, l’artiste fait surfer son travail autour d'une narration non explicite, souvent abstraite, à laquelle tout le monde perçoit mais ne peut pas mettre de nom. Son monde des formes tisse son travail dans des séquences souvent embourbées dans une profonde tristesse provoquée par une absence impossible à combler.

Et pour cela il utilise, sans ordre hiérarchique particulier, le son dans sa dimension immatérielle ou le livre dans son hyper matérialité, textile soyeux ou plastique rugueux, noir ou les couleurs les plus chatoyantes.

Son expérience récente d'une tapisserie qui prendrait six mois de travail pour prendre vie, reflète cette complexité, enchevêtrant une esquisse de figuration plate avec les nœuds les plus épais d'un drame inconnu.

Le travail de Joël Andrianomearisoa s'est développé au fil du temps à travers différents médiums et matériaux. Ces dernières années, ses créations ont souvent été réalisées à partir de textiles, de papier, parfois de bois, de minéraux, ou d'objets inattendus (miroirs, parfums, tampons ... etc.) avec lesquels il réinvente la magie et suscite l'émotion.

En 2019, il est contacté par Dior pour confectionner sa propre version du sac – et qui, pour cette occasion, prend le nom de Lady Dior Art. « J’ai créé deux versions de l’objet que je nomme “Le labyrinthe de Lady Dior”. Le modèle moyen est une version très sculpturale avec des lames de cuir, coupées à l’eau, collées et enchevêtrées. Tout l’aspect métallique du sac a été recouvert de peinture noire. J’ai redessiné le logo que j’ai inséré dans les lignes. Quant au petit modèle, il est travaillé avec des petites lames d’une soie plutôt rigide, peu fluide. L’intérieur est en cuir brodé et la chaîne est dessinée. », a-t-il confié à Jeune Afrique.