La Chambre des Mines de Madagascar (CMM) a choisi les réseaux sociaux pour mener campagne afin notamment de convaincre les autorités de concentrer leurs efforts sur l’accroissement de l’attractivité du secteur extractif du pays. Et pour faire passer ses messages, la Chambre n’hésite pas à miser sur les chiffres alarmistes.


« Les IDE chutent de 70 % en dix ans, c'est le moment pour rétablir la situation. Une contribution de l’industrie minière à hauteur de 14 % du PIB en 2025 était prévue, elle est aujourd’hui inférieure à 5 %. Et la part des produits miniers dans les exportations régresse : 40,43 % en 2014, et 27,59 % en 2018. La principale cause : aucun nouveau projet minier n'est entré en phase de production en 10 ans faute de bonne gouvernance », a lâché la Chambre des Mines de Madagascar dans un post ce 4 mars.

Pour cette organisation qui rassemble les grands opérateurs miniers en activité dans la Grande Ile, il est temps de « rétablir l’attractivité du secteur et la confiance des investisseurs ». Et la Chambre de signaler que l’attractivité minière est en berne. « Aucun grand projet n’est entré en opération ces dernières années. Et les IDE, dont le secteur minier est la première source, ont chuté à 227 millions de dollars en 2019 contre 808 millions en 2010 ».

Le mois dernier, la CMM est déjà monté au créneau, toujours à travers les réseaux sociaux, pour indiquer que la part de l’industrie minière dans le PIB stagne à un peu moins de 5 %. Et a appelé le gouvernement à s’appuyer sur les acteurs miniers dans le cadre de la relance économique attendue après la crise du Covid-19.

« Frappée par les conséquences économiques du Covid-19, l’Afrique subit sa première récession depuis trente ans. Madagascar ne fait pas exception. La Banque mondiale (…) craint une stagnation durable du développement d’un des pays les plus pauvres au monde. Ces prévisions rendent urgente une relance économique vigoureuse », a-t-on également soutenu.

La CMM reconnait qu’une première réponse du gouvernement a consisté en un « Plan Marshall » pour les infrastructures, pour générer des emplois et un effet d’entraînement économique. Mais, face à l’ampleur du défi, la Chambre estime qu’il faut aller plus loin pour attirer les investissements privés et mobiliser des secteurs qui engendrent rapidement des effets macroéconomiques significatifs et des revenus stables pour l’État.