Selon le dernier rapport, les réalisations conjointes ont permis d’assister 1,3 million de personnes dans les 10 districts affectés par la sècheresse et la crise alimentaire dans le sud. Cela comprend notamment 823.400 personnes pour l’aide alimentaire et aux moyens de subsistance, 93.420 enfants pour l’appui nutritionnel, 167.252 personnes pour l’accès à l'eau potable et à l'hygiène, 108.180 personnes pour les soins de santé et de soins prénataux, 53.360 enfants pour l’éducation, 268.200 autres pour l’alimentation scolaire, et 600.000 personnes pour les transferts monétaires.


Ces chiffres ont rendus publics suite à une mission effectuée par une délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, Voahary Rakotovelomanantsoa, comprenant des représentants du ministère des Affaires étrangères et des partenaires techniques et financiers, afin de s’enquérir de l’évolution de la situation sur le terrain et de trouver, par la même occasion, les moyens de renforcer les actions.

Rappelons qu’un nouvel épisode de sécheresse, la plus aigüe depuis 1981, affecte le Grand sud. Moins de 50% des précipitations y ont été reçues au début de la saison agricole entre novembre 2020 à janvier 2021. A cela s’ajoutent les tempêtes de sable et les attaques de chenilles légionnaires. La campagne agricole en cours s’attend à des pertes substantielles de production pouvant atteindre 60% par rapport à la moyenne des cinq dernières années à Amboasary, Ampanihy et Ambovombe en mai/juin 2021.

En l’absence d’une récolte agricole suffisante, la crise humanitaire actuelle va se prolonger et s’amplifier au-delà de juin 2021 selon les experts. Les résultats préliminaires du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) en cours de finalisation confirme que 5 districts sont classés en Urgence (phase 4) pour la période allant jusqu’à décembre 2021. Quelques milliers de personnes sont également classées en famine (phase 5). De plus, les mêmes districts sont classés en situation d’urgence nutritionnelle selon le dépistage nutritionnel de tous les enfants de moins de 5 ans, qui couvre le premier trimestre de 2021.

Les admissions des cas de malnutrition aigüe sévère ont augmenté de 238% par rapport à la même période de l’année dernière. Ces classifications n’ont jamais été atteintes depuis que les enquêtes nutritionnelles et le IPC existent dans le Grand sud. Pour faire face à cette situation, les acteurs nationaux et internationaux affirment mener des actions multisectorielles depuis juin 2020.

En appui à l’initiative du gouvernement dans le cadre du plan de réponse nationale pendant la période la plus critique de cette crise prévue entre février et mai 2021, un Appel Eclair d’un montant de 75,9 millions USD a été conjointement lancé en janvier 2021 par le gouvernement de Madagascar, le Système des Nations Unies et l’Equipe Humanitaire pays. Les partenaires techniques et financiers ont positivement réagi et l’appel a été financé à hauteur de 67% à la fin avril 2021. Par ailleurs, le gouvernement construit des Centres de Traitement Médical et Nutritionnel pour renforcer les capacités de prise en charge des enfants en situation d’urgence nutritionnelle. Mais les interventions d’urgence en cours ne permettent pas encore d’inverser la tendance.