À Madagascar, les produits de rente représentent environ 22% des recettes en devises du pays selon les dernières statistiques disponibles. La vanille et le girofle occupent les deux premières places avec respectivement 52% et 33% de la rentrée totale, tandis que le litchi apporte 4%. La commercialisation de ces produits au niveau local devrait générer des revenus importants au niveau local, par le biais des ristournes pour assurer le développement local, et notamment un accès de qualité aux services sociaux de base pour la population. Malgré cet atout économique, la situation reste très difficile pour des centaines de milliers d’enfants vivant dans les régions de la partie est de la Grande Ile.

La situation est toujours caractérisée par un accès limité aux services sociaux de base, des difficultés à assurer une sécurité alimentaire toute au long de l’année pour nombre de ménages et une adolescence à risque en matière de santé et de protection. Les ménages de producteurs – estimés à 80,000 dans la vanille à Sava, plus de 30 000 dans le girofle et 20 000 dans le litchi sur la côte est – vivent dans la précarité et restent très vulnérables à toutes fluctuations du marché des cultures de rente ainsi qu’aux aléas climatiques. En moyenne, chaque famille a 2 ou 3 enfants. 

Une étude « des grands domaines d’impact » dans les régions Sava, Analanjirofo et Atsinanana a démontré que toutes les catégories d’enfants sont affectées. Toutefois, deux catégories semblent plus affectées que d’autres – les moins de cinq ans en ce qui concerne la santé, la nutrition et l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement et les adolescents en ce qui concerne plus particulièrement les comportements à risque, le travail et l’exploitation sexuelle. Selon l’Unicef, une attention particulière doit être donnée aux enfants déscolarisés dont les opportunités et perspectives d’avenir sont plus limitées.

En outre, si les efforts pour lutter contre le travail des enfants ont eu un impact positif pour limiter le recours aux enfants en tant que main d’œuvre dans les plantations, d’autres formes de travail « invisibles » ont tendance à se développer et méritent une vigilance particulière. L’offre de conditions de travail décentes aux parents et aux personnes qui s’occupent des enfants est encore insuffisante, avec un impact sur la vie des enfants.

Aussi, l’étude soutient notamment l’importance de développer des modèles incitatifs de promotion des droits de l’enfant à travers la vulgarisation d’outils spécifiques de renforcement de capacités se basant sur les bonnes pratiques mais également en appuyant les entreprises à structurer des approches de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) orientes vers le soutien des droits de l’enfant.