La semaine passée, la Musée de la Photographie de Madagascar a mis Ramaka à l’affiche grâce au fonds Rakotomahandry Seth. «Mandalo Ramaka dia may ny tanàna » (littéralement: Ramaka passe, et tout le village brûle) ! C’est une expression qui date de la fin du XIXème siècle, mais qui jusqu’à nos jours est utilisée. 

Ramaka est le neveu des jumeaux Raombana et Rahaniraka. Connu d’abord comme artisan dans la capitale royale, Ramaka devient en 1870 pasteur, après avoir activement participé à la fondation de la paroisse d’Avaratr'Andohalo. Propriétaire fortuné, il a construit une maison à Andohalo, louée par la suite à prix fort à la LMS (London Missionary Society). 

En septembre 1886, Ramaka (XIV Honneurs) est désigné Gouverneur d’Antomboka, dans le Nord de Madagascar, en pays Antakarana, par le Premier ministre Rainilaiarivony pour représenter les intérêts de Ranavalona III. Ramaka reçoit comme instruction de payer « lui-même les dépenses nécessaires pour équiper » son palais et « supprimer la corvée des lampes » qui pèsent lourdement sur les Sakalava et les Makoa chargés jusque-là de l’éclairage du palais (Manassé Esoavelomandroso, in Omaly sy Anio n°25-26, 1987). 

Mais ce poste lui est peu rentable. C’est ainsi que Ramaka perçoit une partie des recettes commerciales de la région pour compenser les dépenses. Il a la réputation d’un homme belliqueux au tempérament chaud. Ramaka a tendance à mettre le feu sur les villages Antakarana. Les agissements individuels de Ramaka tachent la réputation de l’armée royale de Ranavalona III. 

Pour rappel, le Musée de la Photographie de Madagascar est une association Loi 1960 en activité depuis 2013.Le musée s’est donné pour mission de numériser les photographies prises à Madagascar entre 1860 et 1960 pour, d’une part préserver et valoriser le patrimoine photographique malgache et d’autre part, favoriser l’appropriation par les Malgaches de leur histoire.