Pour la Banque africaine de développement (BAD), qui se présente comme la première institution multilatérale de financement du développement sur le continent, Madagascar, comme d’autres pays africains touchés durement par les effets négatifs du changement climatique, peut atténuer les conséquences des différents chocs climatiques et renforcer sa croissance en construisant des infrastructures plus résilientes et en renforçant les mécanismes d’alerte précoce et de veille climatique.

La BAD affirme être engagée aux côtés de ses pays membres régionaux (PMR) en les exhortant à construire des infrastructures adaptées et résilientes aux chocs climatiques. A titre de rappel, la Banque note que des infrastructures de plusieurs milliards de dollars ont été perdues à la suite du passage des cyclones dans la région, notamment Idai et Kenneth. En amont, la Banque encourage les pays comme Madagascar à intégrer la dimension « choc climatique » dans la construction d’infrastructures essentielles et coûteuses comme les routes, ponts, gares, barrages et aéroports.

« Il nous faut bâtir des infrastructures résilientes aux chocs climatiques, C’est un enjeu d’autant plus important que ces destructions se chiffrent en milliards de dollars », a soutenu Al-Hamadou Dorsouma, chef de la Division climat et croissance verte à la Banque, avant d’ajouter que si ces infrastructures avaient été construites sur un schéma de résilience climatique, elles auraient mieux résisté aux cyclones, tempêtes et inondations. 

Pour Dorsouma, il est important pour les pays cibles, dont les futures infrastructures sur un horizon de 50 ans ne sont pas encore construites, de renforcer leur résilience et sécuriser ses investissements dans ce secteur.  En aval, la Banque encourage les États à mettre en place des mécanismes nationaux et sous-régionaux d’alerte précoce afin d’anticiper les événements climatiques. 

Pour  accélérer  le  financement  des  infrastructures  et  attirer  les financements du secteur privé, Madagascar a de  plus en plus recours aux instruments innovants de financement tels que les garanties partielles de crédit et les garanties partielles de risques. Toutefois, la BAD estime que le pays  a  encore besoin  d’améliorer la performance de ses structures en charge des PPP afin de garantir une bonne préparation et une bonne négociation des contrats. La Banque qui souligne qu’elle est disposée à accompagner la Grande Ile pour mobilier les ressources nécessaires pour multiplier les infrastructures résilientes.