Il n’aura donc fallu que quelques jours après sa publication, et environ 5 heures de séance, pour que le projet de loi de finances 2022 soit adopté par les députés. Le budget pour l’année prochaine prévoit des recettes fiscales intérieures s’élevant à 4 219 milliards d’Ariary, soit une hausse de 21% (732,16 milliards d’Ariary). Elle représente 57,93% des recettes fiscales totales.

La reprise des activités économiques devrait aboutir à une hausse des recettes fiscales pour atteindre 12,1% du PIB en 2022 (contre 10,8% en 2021). Les efforts en matière de recouvrement de recettes et une meilleure composition des dépenses permettraient de réduire sensiblement le déficit budgétaire (- 6,1% du PIB en 2022 contre -6,6% en 2021) et de ramener le solde primaire intérieur à -1,3% du PIB (contre -2,5% en 2021). 

« Certes, la projection des recettes fiscales intérieures est ambitieuse dans le PLFI 2022 avec une augmentation de 1,21 points du PIB (6,11 LFR 2021 à 7,0 PLFI 2022), mais le Ministère reste confiant quant à l’atteinte de cet objectif », a-t-on noté dans le chapitre traitant des orientations budgétaire du document. Les observateurs ont noté pour leur part le plan d’emprunt extérieur, qui a plus que doublé par rapport à 2021, passant ainsi à 15 600 milliards (3,5 milliards d’euros) d’intention d’emprunt pour 2022. 

Selon le Ministère de l’Economie et des Finances, la récession économique de 2020 a été plus forte que les prévisions établies dans les précédentes lois de finances. La reprise économique a déjà été amorcée au dernier trimestre de l’année 2020 et s’est poursuivie en 2021. Malheureusement, la seconde vague de la pandémie de Covid-19, apparue à la fin du premier trimestre 2021, a significativement ralenti l’élan de la reprise. Aussi, la croissance économique en 2021 devrait être de +3,5% (contre une prévision de +4,3% dans la LFR 2021). 

En 2022, le rythme de la croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre +5,4%, grâce à la normalisation de la situation sanitaire, la réouverture des frontières, l’engagement stratégique du Gouvernement dans les investissements structurants et le retour de la confiance des acteurs économiques. Ainsi, les investissements publics devraient atteindre 9,2% du PIB (+1,8 points par rapport à 2021) et les investissements privés compteraient pour 16,6% du PIB. L’inflation en fin de période devrait se situer à 6,4% (contre 7% en 2021). 

L’évolution des échanges internationaux devrait conduire à un déficit du compte courant de - 4,8% du PIB en 2022. En effet, les exportations (18,5% du PIB) devraient augmenter à un rythme moins soutenu que les importations qui atteindraient 24,7% du PIB. Dans ces conditions, la dépréciation moyenne de la monnaie nationale par rapport aux principales devises (Euro et USD) serait de 2,7%.