Le conseil des ministres tenu ce mercredi 17 novembre 2021 au Palais d’Etat d’Iavoloha a pris une décision censée donner un coup d’accélérateur à la mise en place du « Fonds Souverain Malagasy » (FSM), un projet présidentiel circulant dans les tuyaux depuis 2019. Il s’agit de la création d’un comité technique qui pilotera la constitution d’une société anonyme au capital de 10 milliards Ariary qui sera chargé de gérer le fonds. Selon un membre du patronat, le Fonds Souverain devrait aussi booster les co-investissements dans le pays. 

Dans le rapport qui a suivi la réunion hebdomadaire de l’Exécutif présidée par le chef de l’Etat, il a été expliqué que le comité technique qui sera mis sur pied comprendra en son sein des représentants de la présidence de la République, du ministère en charge de l’Economie et des Finances, et de la Banque centrale de Madagascar.

En plus de sa mission de constitution de la société anonyme à participation publique qui gèrera la FSM, le comité technique sera également chargé de mener les réflexions et d’établir les dossiers nécessaires pour matérialiser ce projet qui, si l’on se réfère aux initiatives menées dans d’autres pays d’Afrique, n’est pas aisé à mettre en orbite.

Djibouti, l’un des derniers pays du continent à constituer un fonds souverain, a par exemple mis plus de quatre ans après l’annonce du projet pour voir enfin le fonds se constituer juridiquement. Et les autorités, qui ont choisi le cabinet Southbridge pour les accompagner, prévoient 10 ans pour doter le fonds d’une surface de 1,5 milliard de dollars.

Pour la Grande Ile, le montant initial prévu pour alimenter le fonds n’est pas encore connu  mais certains responsables gouvernementaux ont laissé entendre que certains actifs financiers et miniers devraient servir à doter le fonds de ressources qui serviront à financer prioritairement les projets d’infrastructure. Le FSM pourrait aussi se tourner vers l’épargne des ménages, à l’instar de Djibouti, pour épaissir son matelas.

Rappelons qu’en septembre dernier, la Haute Cour Constitutionnelle a déclaré conforme la loi n°2021-024 portant création d’un Fonds Souverain Malagasy ou FSM. La Cour a cependant demandé à ce que soient extirpés de l’article 9 de cette loi les termes « deux représentants de l’Assemblée Nationale dont un membre de la Commission des Finances, un représentant du Sénat ». Certaines indiscrétions soutiennent par ailleurs que le conseiller financier Rothschild & Co pourrait être mis à contribution pour accélérer la mise en place du FSM.