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BANDE DESSINEE MALAGASY | Plus de 50 ans d’histoire



Certains bons connaisseurs de la discipline font remonter l’origine de la bande dessinée malgache à la structure de l’aloalo, pièce de bois précieux sculptés considéré comme une œuvre maîtresse des monuments funéraires du sud du pays. Celui-ci possédait dans sa partie supérieure une bande de dessins sculptés racontant les grandes étapes de la vie du défunt ce qui démontre un sens aigu de la narration imagée.

Mais la première bande dessiné « moderne » est apparue dans le pays au début des années 60 et s’intitulait Ny Ombalahibemaso de Ramamonjisoa Jean, d’après un scénario du révérend père Rahajarizafy. Beandriaka tantsambo (Beandriaka le marin) adaptation en malgache du français Michel Faure d’une ancienne légende de l’île, sortait en 1970 sous format de comics américain entièrement en noir et blanc. Les premiers balbutiements se poursuivent la même année avec le journal Madagascar matin (ex. Courrier de Madagascar) qui se lance dans la publication de bandes dessinées en malgache. La première est Fongory ny ratsy ! de Raminondrina, très inspiré par Lucky Luke.




En 1973, le journal édite un strip quotidien de trois cases, Doda de Richard Rabesandratana (sous la signature de NRI). Puis, en 1973 et 1974 furent édités deux épisodes de Besorongola de XHY et M’AA, couple d’artistes malgaches qui seront publiés par la suite dans Charlie Hebdo en 1977. Enfin, la même année, Christian Razafindrakoto publie, toujours dans le même journal, Faribolan’ Avelo (la ronde des fantômes), l’histoire d’un médecin malgache (qui ressemblait énormément au chanteur Adamo !!) confronté à des spectres…. En 1974, la série Ry Lezo éditée en épisode dans Madagascar matin sortait en format A4 (format paysage) dans le commerce. Le premier album cartonné malgache, Hery (récit d’aventures entièrement de fiction) de Michel Faure paraît en 1975.

L’âge d’or du 9ème art


Avec les années 80, commence l’âge d’or de la bande dessinée malgache. Celle-ci se caractérise par une prolifération de revues et de séries, phénomène unique en Afrique. Le premier magazine contenant une partie BD apparaît en 1981 : Fararano-Gazety, fondée par l’Office du livre malgache et dirigé par Rakotomalala, qui tirait à 25 000 exemplaires. En matière de revues spécialisées dans la BD, plusieurs titres ont dominé le marché. BD madagasikira, créé par les éditions Alpha (qui éditait 4 illustrés mensuels en parallèle) en 1986, a eu un tirage de 10 000 exemplaires.

La même année était créé le journal humoristique bilingue Sarigasy, sous-titré Journal fou, plein d’humour et de BD où les frères Anselme et Aimé Razafy déployaient toute leur verve avant d’être interdit par la censure. Sur le plan éditorial, les années 80 correspondent au règne des magazines et comics books dans le monde de la BD malgache, avec des tirages moyens de 3000 exemplaires. Peu d’albums cartonnés sont édités. En 1980 était fondé Horaka (la rizière) par Ranaivo Delano et Richard Rabesandratana. De là naît de nombreuses productions satellites surtitrées « Eh ! spécial » : Lietnà Ralahy, Inspecteur Max, Raleva et Danz dans une certaine anarchie.





Encadrés par Arthur Rakotoniaina, plusieurs dessinateurs talentueux font leur début dans le métier : Ndrematoa, Jean de Dieu Rakotosolofo, Merika Lariot, Zida, Pierre Rajaonarison. En 1982, suite à une scission interne, Ranaivo Delano ira créer la revue Eh !, qui rencontrera également beaucoup de succès. Vient ensuite le lancement des éditions Danz qui seront un lieu d’expression créative extrêmement important pour de jeunes auteurs qui pourront laisser éclater leur inspiration issu de la culture des comic-books italiens et du cinéma populaire.

Plusieurs structures informelles graviteront autour de Danz et de son héros emblématique, l’inspecteur RADANZ, en particulier le studio ARASIVY ou la COBRA (Coopération des bédéistes raitra). De cette aventure un album paraîtra dans les années 90, au plus fort de la crise de la bande dessinée « Radanz heureux » et surtout une ribambelle de fanzines ou de fascicules fait maison comme Inspecteur Toky (série policière), Benandro (arts martiaux), Tsimaniva , Avotra, Ragasy, Rendra, Boto Klonina, etc…

La BD malagasy, aujourd’hui


L’apparition des éditions Tsileondrika, au milieu des années 80, marque une étape importante dans l’histoire de la BD malagasy en terme de professionnalisation, de structure et d’organisation. Parmi ses publications, citons la série à succès Koditra et son héros Bobel, illustrée principalement par Rakotosolofo Gilbert, et ses titres dérivés : Koditra spécial, Kalanoro mais aussi Bery, Siringo.

Une pléthore d’auteurs de talents firent leurs débuts au sein de cette structure : MAHEFA (avec la série mythologique Bobel, le centaure), Ratovohery Tiana (qui créera NGAH ! par la suite), Rajaomahefarison Jocelyn (créateur des éditions VY et véritable père de la série KODITRA), Ranaivonjato Alain Bruno et le futur caricaturiste Ranarivelo Elisée (qui débuta en créant les aventures du Pr. MAHIRATRA dans le quotidien humoristique d’informations KITRA en 1991).

Depuis le début des années 2000, le petit monde malgache de la BD est moins productif et cela malgré la création de l’association Mada BD qui réalise, avec l’appui de l’ancien Centre Culturel Albert Camus, deux albums collectifs, « Sary gasy » et « Ny lasa no miantoka ny ho avy ». Il y aura aussi la sortie du répertoire de la BD malgache intitulé Madabulles. En 2005, Madabulles lance le mois de la Bande dessinée malgache (Gasy bulles) avec une exposition retraçant l’histoire de la B.D malgache au studio de la Maison d’édition Soimanga.





Des dessinateurs nouveaux sont apprus, comme DWA qui sort un album intitulé « Pions » mais aussi Rado (« Les nuits magiques ») et Ramafa. Coté magazine, des journaux satiriques ou spécialisés BD voient le jour comme R’ehvy, Gazety Soimanga, Saringotra, Manala Azy, Sketch ou la gazette Ngah qui arrive à vendre 2 000 exemplaires par semaine (en malgache) avec de nouveaux dessinateurs comme Ra-lery, Thierry Ankoala, Richard, Rafanoela, et surtout la collection Faka qui réédite la fameuse série BD populaire Benandro, en format à l’italienne sur du papier journal.

Quelques manifestations autour de la BD ont été initiées comme Gasy Bulles à Antananarivo, la Semaine de la BD à Antsiranana et les Bulles d’Alaotra à Ambatondrazaka. Gasy Bulles est le premier festival de BD à Madagascar avec une programmation riche de rencontres, concours, expositions, etc. Il se tient habituellement au mois de juin de chaque année, organisé par l’association Tantsary.

Notons également que dix dessinateurs malgaches de bande dessinée ont été sélectionnés pour la première résidence artistique sur l’île depuis le début de la pandémie. Cette formation a pour but de leur permettre de perfectionner leur technique, mais aussi d'apprendre à se vendre auprès des maisons d’édition. La publication d’une oeuvre collective est au programme.
Source : BDZoom.com
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