Madagascar figure parmi les trois pays qui animent le marché mondial du clou de girofle. Mais la concurrence risque de monter d’un cran suite à la décision de la Tanzanie, à travers Zanzibar, d’accroitre significativement sa production. Pour faire face à la nouvelle donne qui s’annonce, Madagascar doit assainir rapidement sa filière girofle.

Tanzanie est le 3ème acteur majeur du marché mondial du clou de girofle avec l’Indonésie et Madagascar. Dans ce pays de l’Afrique de l’Est, la dynamique de la filière est principalement portée par Zanzibar qui envisage de renforcer sensiblement sa position sur le marché. Le gouvernement local qui a dévoilé son projet de récolter 10 000 tonnes de la matière première à l’horizon 2025 contre environ 3 000 tonnes actuellement.

La Zanzibar State Trade Corporation (ZSTC), institution en charge de la promotion de la plante à épice, vient ainsi de mettre à disposition de la filière un important stock de semences. Ce matériel végétal sera distribué aux pépinières réparties dans les principales zones de production à savoir Unguja et Pemba. L’objectif de cette démarche, selon les responsables, est d’accompagner les opérateurs pour porter la production de plants de girofliers à 1 million par an. En 2017, Zanzibar a déjà atteint une production record de 8 000 tonnes. Une performance que l’archipel souhaite maintenant durabiliser.

A Madagascar, la filière fait face à des difficultés qu’elle doit surmonter rapidement afin de ne pas laisser les principaux concurrents rebattre les cartes. La baisse drastique de la production de girofle dans la région d’Analanjirofo, en 2013, est encore dans les memoires. La filière avait en effet subi une chute de production, en passant d’une moyenne de 10 000 tonnes sur les deux campagnes précédente à 500 tonnes environ.

Selon la Direction Régionale du Développement Rural, (DRDR), la filière girofle à Madagascar subit « le cycle de culture triennal » qui provoque un effritement du rendement. Les spécialistes évoquent en outre l’expansion des activités de fabrication d’essence de girofle, qui est préjudiciable aux girofliers. Des meusures ont été prises pour limiter de nombre d'alambics autorisés à fonctionner mais elles ne sont pas suffisantes pour renverser la tendance portée par le boom du marché mondial des huiles essentielles. La Grande Ile doit ainsi s’attaquer aux prochaines campagnes avec une production qui se réduit d’année en année. 

Pour rappel, la campagne de commercialisation du girofle 2021-2022 a  été ouverte en octobre dernier dans l'ensemble des régions productrices (Analanjirofo, Atsimo Atsinanana, Vatovavy et Fitovinany). Et pour l’instant Madagascar, qui exporte entre 12 000 et 16 000 tonnes de clou de girofle, détient près de la moitié du marché mondial. Mais la filière a besoin d’être assainie pour que le pays puisse préserver son rang.