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MADAGASCAR - FISCALITE DES CREDITS | Au centre des discussions

La question du coût du financement des entreprises a occupé le devant de la scène lors d’un afterwork organisé récemment par le Jeune Patronat de Madagascar. Au centre des discussions : la fiscalité du crédit, dans un contexte où l’accès au financement demeure limité et coûteux pour le tissu productif. Occasion aussi pour les autorités d'annoncer certains changements.


La question du coût du financement des entreprises a occupé le devant de la scène lors d’un afterwork organisé récemment par le Jeune Patronat de Madagascar. Au centre des discussions : la fiscalité du crédit, dans un contexte où l’accès au financement demeure limité et coûteux pour le tissu productif. Occasion aussi pour les autorités d'annoncer certains changements. 


Intervenant en tant que panéliste, le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a confirmé la décision du gouvernement de suspendre la TVA sur les intérêts des prêts bancaires, initialement prévue dans la Loi de finances 2025. Une mesure qui devrait être actée dans le cadre de la Loi de finances rectificative 2026. "Cette décision répond à une préoccupation majeure du secteur privé, pour lequel toute taxation additionnelle sur le crédit risquait d’alourdir un coût du capital déjà élevé", a-t-il expliqué  avant d'indiquer que dans une économie où le taux moyen d’emprunt avoisine 18 % et le taux directeur s’établit à 12 %, la question du financement ne se limite pas à la seule dimension fiscale. 


Pour le membre du gouvernement, il faut tenir compte d'un ensemble de contraintes structurelles. Le crédit au secteur privé ne représente que 17 % du PIB, un niveau sensiblement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Plus révélateur encore, seules 8 % des entreprises ont accès au crédit bancaire, contre près de 20 % dans la région. Ce déficit d’intermédiation financière s’inscrit dans un environnement marqué par la prépondérance du secteur informel, qui concerne plus de 90 % de la population active. Dans ce contexte, le risque perçu par les institutions financières reste élevé, limitant mécaniquement l’offre de crédit. L’enjeu consiste dès lors à améliorer la qualité des projets financés, à renforcer la productivité et à réduire les risques systémiques.


Les échanges ont également mis en lumière les limites d’une approche centrée exclusivement sur les taux d’intérêt. Pour les professionnels du secteur bancaire, l’accès au financement dépend d’un écosystème plus large, incluant la stabilité macroéconomique, la qualité du cadre juridique et la cohérence des politiques publiques. La transmission du taux directeur vers les conditions de crédit effectives demeure imparfaite, faute d’un système financier suffisamment structuré. Dans cette perspective, la fiscalité du crédit apparaît comme un levier à manier avec précaution. Le ministère de l’Économie et des Finances plaide pour une approche fondée sur l’évaluation, reposant sur trois critères : le rendement budgétaire, l’impact sur le coût du financement et les effets induits sur l’investissement et l’emploi. L’objectif est d’éviter qu’une mesure fiscale à court terme ne pénalise durablement la base productive.


Outre ces considérations, la diversification des sources de financement s’impose comme une priorité. Le développement d’un marché de capitaux, la mise en place de mécanismes de garantie, le recours aux obligations ou encore le financement participatif sont autant de pistes évoquées. Ces instruments pourraient contribuer à une meilleure répartition des risques et à un élargissement de l’offre de financement. Dans cette dynamique, l’appui des partenaires internationaux reste déterminant. Des financements sont attendus pour soutenir le développement des marchés financiers et accompagner des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures ou les PME. À moyen terme, l’enjeu de créer les conditions d’un financement plus accessible et moins coûteux, indispensable pour soutenir une croissance que le pays ambitionne d’accélérer significativement dans les prochaines années.