La reprise de la production d’huile lourde sur le site de Tsimiroro, dans l’ouest de Madagascar, semble porter ses fruits plus rapidement que prévu. Madagascar Oil annonce désormais être en mesure d'atteindre, voire de dépasser l’objectif initial de 300 barils par jour avant la fin de l’année 2026, et ce sans attendre le forage de nouveaux puits.
En mars dernier, lors de l’annonce officielle de la relance des activités de production sur le champ pétrolier de Tsimiroro, la compagnie avait fixé ce premier objectif de 300 barils par jour. Cette étape devait marquer le redémarrage progressif d’un projet resté en veille pendant plusieurs années. Quelques mois plus tard, les résultats obtenus à partir des puits existants conduisent l’entreprise à revoir ses prévisions à la hausse. Selon Madagascar Oil, la remise en service progressive des installations s’est révélée concluante malgré près d’une décennie d’immobilisation des équipements. Les performances observées sur le terrain permettent désormais d’envisager une montée en puissance plus rapide que celle initialement prévue.
La société estime ainsi pouvoir franchir le seuil des 300 barils quotidiens avant la fin de l’année, sans recourir immédiatement à de nouveaux forages. Selon toujours les explications fournies, cette évolution constitue une étape importante pour le développement du projet. Jusqu’à présent, l’augmentation significative de la production était principalement associée à un vaste programme de forage de nouveaux puits. Madagascar Oil prévoit en effet de forer plus d’une centaine de puits supplémentaires afin d’atteindre une production de 3 000 barils par jour dans un délai d’environ vingt-quatre mois. Mais le projet de Tsimiroro suscite aussi un intérêt particulier en raison de son potentiel pour l’approvisionnement énergétique national. Madagascar demeure fortement dépendante des importations de produits pétroliers, notamment pour alimenter les centrales thermiques utilisées dans la production d’électricité.
Le développement d’une source locale d’huile lourde pourrait ainsi contribuer à réduire cette dépendance et à renforcer la sécurité énergétique du pays. Madagascar Oil met également en avant les caractéristiques techniques du pétrole produit à Tsimiroro. L’huile lourde extraite sur le site se distingue notamment par sa très faible teneur en soufre, un élément qui présente plusieurs avantages pour les utilisateurs industriels. Une teneur réduite en soufre permet notamment de limiter l’usure des équipements de production d’électricité et de réduire certains coûts liés à la maintenance. La Jirama figure toujours parmi les principaux débouchés potentiels de cette production. Selon les estimations de la compagnie pétrolière, les besoins de la société nationale d’eau et d’électricité se situent entre 3 000 et 4 000 barils par jour.
Madagascar Oil estime pouvoir couvrir une part importante de la demande de la Jirama et ajoute que les perspectives ne reposent pas uniquement sur des projections théoriques. Dès 2018, des essais réalisés sur les sites de Mandroseza et de Mahajanga avaient démontré la compatibilité du fioul lourd de Tsimiroro avec les installations de la la compagnie nationale d''électricité et d'eau. Ces tests avaient également mis en évidence les bénéfices potentiels de son utilisation. Par ailleurs, plusieurs industriels malgaches recourent déjà à cette huile lourde pour alimenter leurs propres unités de production électrique. Depuis juillet 2022, Madagascar Oil commercialise en effet les stocks constitués au cours des années de production test, confirmant ainsi l’existence d’un marché local pour cette ressource énergétique.


