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CAFE-HISTOIRE | Le "teza" était au menu

À l’occasion de la 107ᵉ édition du Café-histoire, le Musée de la Photo a accueilli le professeur Narivelo Rajaonarimanana pour une conférence consacrée aux « teza », ces poteaux commémoratifs associés à l’ancien royaume betsileo du Manandriana.


À l’occasion de la 107ᵉ édition du Café-histoire, le Musée de la Photo a accueilli le professeur Narivelo Rajaonarimanana pour une conférence consacrée aux « teza », ces poteaux commémoratifs associés à l’ancien royaume betsileo du Manandriana. La rencontre a permis de revenir sur l’importance historique, culturelle et symbolique de ce patrimoine encore insuffisamment documenté.


Le professeur Rajaonarimanana s’est notamment appuyé sur un important travail de terrain réalisé entre 1972 et 1976 dans la région du Manandriana. Au cours de cette enquête, menée avec d’autres chercheurs, 43 sites ont été recensés. De nombreux teza ont alors été photographiés, observés et étudiés afin de mieux comprendre leur implantation, leurs caractéristiques et leur signification. Ces recherches ont également donné lieu à la réalisation de croquis destinés à analyser plus précisément les motifs sculptés sur les poteaux. Les décorations observées témoignent d’une grande diversité. Certaines reposent sur des formes géométriques, tandis que d’autres représentent des figures animales, notamment des zébus ou des crocodiles. L’étude a aussi permis d’identifier un cas particulier : un teza portant des inscriptions utilisant l’alphabet latin.


Dans la société betsileo ancienne, les teza étaient érigés en l’honneur de chefs et de personnages de haut rang. Leur présence renvoie ainsi aux pratiques funéraires et à la place accordée à la mémoire des ancêtres. Ces monuments constituent également des témoignages du savoir-faire des artisans et sculpteurs qui les ont conçus. Outre leur fonction commémorative, les teza présentent un intérêt particulier par leur dimension artistique. Les motifs gravés ou sculptés sur le bois peuvent être considérés comme des formes d’expression porteuses de significations sociales, culturelles ou symboliques. Leur étude contribue ainsi à une meilleure connaissance de l’histoire des sociétés betsileo et de leurs traditions.


Le terme « teza » possède lui-même une portée évocatrice dans la langue malgache. Il renvoie à l’idée de ce qui est solide et durable, une signification rapprochée du cœur dur d’un arbre. Cette notion de résistance et de permanence fait écho à la fonction mémorielle de ces poteaux, conçus pour rappeler l’existence et le statut de personnes importantes au sein de leur communauté. À travers cette conférence, le professeur Narivelo Rajaonarimanana a mis en lumière la richesse d’un patrimoine matériel et historique qui mérite une attention renouvelée. Malgré les travaux déjà réalisés depuis plusieurs décennies, de nombreux teza restent encore à identifier et à étudier.


Le chercheur a ainsi encouragé les étudiants et les spécialistes à poursuivre les investigations sur le terrain. La documentation, la photographie et l’analyse de ces monuments pourraient permettre de préserver davantage de connaissances sur un héritage culturel fragile. Pour les chercheurs comme pour les institutions patrimoniales, les teza du Manandriana apparaissent ainsi comme des témoins précieux de l’histoire betsileo et de la mémoire des anciennes sociétés malgaches.