Madagascar demeure confronté à plusieurs insuffisances en matière de transparence budgétaire, selon le dernier Fiscal Transparency Report du Département d’État américain. L’évaluation, qui porte sur la gestion et la publication des informations financières publiques durant l’année 2025, relève des lacunes concernant l’accès aux documents budgétaires, l’exhaustivité des données disponibles et l’efficacité des mécanismes de contrôle.
Le pays a notamment rendu public le budget adopté, y compris par voie électronique. Mais plusieurs documents essentiels n’ont pas été publiés dans les délais jugés raisonnables par les critères utilisés dans l’évaluation américaine. C’est le cas, selon le rapport, du projet de budget soumis à l’exécutif ainsi que du rapport présentant les résultats de l’exercice budgétaire. La diffusion des informations relatives aux engagements financiers de l’État constitue également l’un des points soulevés. Le rapport indique notamment que les données concernant certaines obligations, parmi lesquelles la dette des principales entreprises publiques, n’ont pas été rendues accessibles dans les délais attendus.
Le Département d’État américain s’interroge en outre sur le caractère suffisamment complet des informations budgétaires disponibles. Les documents publiés ne permettraient pas toujours d’obtenir une vision détaillée de l’ensemble des recettes et des dépenses publiques. Des informations plus précises sur les revenus provenant des ressources naturelles ainsi que sur les transferts et allocations accordés aux entreprises publiques font notamment défaut. La présentation des dépenses publiques apparaît également perfectible. La classification des crédits selon les ministères et les organismes concernés ne répondrait pas entièrement aux exigences retenues dans le cadre de cette évaluation. Le rapport signale en outre l’existence de comptes importants situés en dehors du budget principal et dont le contrôle public resterait insuffisant.
La question du contrôle externe des finances publiques constitue un autre sujet de préoccupation. Selon le rapport, l’institution supérieure chargée du contrôle n’aurait pas rempli l’ensemble des critères d’indépendance généralement associés aux standards internationaux. Elle n’aurait par ailleurs pas procédé à l’audit de l’intégralité du budget exécuté dans les délais prévus par les critères américains. La transparence des marchés publics figure également parmi les domaines identifiés comme insuffisamment documentés. Certaines informations fondamentales relatives aux procédures et aux contrats publics n’auraient pas été publiées pendant la période examinée. Le Département d’État précise toutefois qu’aucun nouveau contrat d’extraction de ressources naturelles n’a été officiellement attribué au cours de l’année concernée.
Cette évaluation ne constitue pas un classement des pays selon leur niveau de corruption. Le Fiscal Transparency Report s’intéresse principalement à la disponibilité des informations relatives aux finances publiques et aux conditions dans lesquelles celles-ci peuvent être contrôlées. Pour cette édition, 139 gouvernements et l’Autorité palestinienne ont été examinés dans le cadre des exigences américaines liées notamment à l’attribution de certaines aides extérieures. Sur le continent africain, le tableau reste contrasté. Seize gouvernements satisfont aux exigences minimales retenues par Washington, tandis que d’autres enregistrent des progrès variables ou connaissent une stagnation. Pour Madagascar, les recommandations portent notamment sur une publication plus rapide des documents financiers, une meilleure information sur la situation des entreprises publiques et un renforcement de l’indépendance des institutions chargées du contrôle des finances publiques.


