Pour contribuer au programme national de renforcement de l’accès à Internet dans les zones qui restent à l’écart des réseaux de télécommunications classiques, Starlink a remis aux autorités malgaches 300 kits. La dotation s'accompagnera d’un accès gratuit à Internet.
Selon les explications fournies, l’arrivée des kits Starlink s'inscrit dans le cadre d’une collaboration de l’opérateur américain spécialisé dans l’accès à Internet par satellite avec le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MNDPT). Ces équipements doivent être accompagnés d’un accès gratuit à Internet et destinés en priorité aux territoires où leur utilisation pourrait avoir un impact direct sur les populations. La sélection des sites bénéficiaires doit débuter prochainement. Les responsables ciblent notamment les localités encore isolées sur le plan numérique ainsi que celles confrontées à des difficultés persistantes d’accès à une connexion de qualité. L’initiative vise à apporter une réponse à certaines limites des infrastructures terrestres, particulièrement dans les régions où le déploiement de la fibre optique ou des réseaux mobiles reste difficile à réaliser pour des raisons géographiques ou économiques.
"Le recours à Starlink s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la fracture numérique", a-t-on aussi indiqué. Le satellite doit toutefois être considéré comme un complément aux infrastructures existantes et non comme une technologie destinée à les remplacer. Le ministère souligne que fibre optique, réseaux mobiles, infrastructures partagées et Internet satellitaire ont vocation à fonctionner de manière complémentaire afin d’élargir progressivement la couverture numérique du pays. Cette approche présente un intérêt particulier pour Madagascar, dont la géographie constitue un défi important pour le déploiement des réseaux. Dans certaines zones rurales ou enclavées, le coût des infrastructures terrestres peut être élevé au regard du nombre d’utilisateurs potentiels. Une solution satellitaire peut alors permettre de connecter plus rapidement certains établissements ou communautés, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services administratifs ou des activités économiques.
L’accès gratuit prévu dans le cadre de cette opération initiée avec Starlink devrait également contribuer à limiter les coûts supportés par les populations et les structures bénéficiaires. Le ministère estime que l’élargissement de l’offre technologique peut favoriser la concurrence dans le secteur et, à terme, contribuer à rendre les services Internet plus accessibles financièrement. L’enjeu ne se limite donc pas à la couverture géographique : il concerne également la capacité des ménages et des institutions à utiliser durablement ces services.
Pour rappel, Starlink a obtenu, à la fin du mois d’avril 2024, une licence de cinq ans pour installer et exploiter des services Internet satellitaires à haut débit. L’autorisation avait été accordée moyennant un droit initial de 100 000 euros, auquel s’ajoute une redevance annuelle correspondant à 5 % du chiffre d’affaires hors taxes versé à l’autorité de régulation. La société dispose ainsi d’un cadre lui permettant d’exploiter un réseau public de télécommunications par satellite, notamment pour des services à large bande et de type VSAT. La collaboration avec les autorités ouvrent une dimension davantage orientée vers l’intérêt public. Reste à déterminer quels seront les sites retenus et dans quelle mesure les kits permettront d’améliorer durablement l’accès au numérique dans les territoires les plus éloignés.


