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FILIERE CAFE | Un plan de relance en préparation

Madagascar veut remettre le café au cœur de sa stratégie agricole. Après plusieurs années de recul, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire prépare un programme national destiné à redresser durablement la filière et à renforcer sa compétitivité. L’ambition est de mobiliser quelque 150 millions de dollars sur la période 2026-2029, avec l’appui conjoint du projet FOLUR, du programme DEFIS et du projet PIC.


Madagascar veut remettre le café au cœur de sa stratégie agricole. Après plusieurs années de recul, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire prépare un programme national destiné à redresser durablement la filière et à renforcer sa compétitivité.


Outre la relance des plantations, le programme entend agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Sa première phase, prévue entre 2027 et 2031, prévoit le développement de 45 000 hectares de caféiers et l’accompagnement de 90 000 producteurs. L’objectif intermédiaire est fixé à 46 800 tonnes de café par an. À plus long terme, le pays vise une production nationale de 100 000 tonnes annuelles. Ces orientations ont été discutées lors d’un atelier national de consultation réunissant les acteurs locaux de la filière et des institutions de recherche. La démarche traduit la volonté de ne pas limiter la relance à un simple accroissement des superficies cultivées. La question centrale reste celle de la productivité, de la qualité et de la capacité des producteurs à accéder durablement au marché.


Le café malgache dispose d’atouts, mais son potentiel s’est progressivement érodé. Au cours de la dernière décennie, la filière a subi les effets combinés du vieillissement et de la dégénérescence des plantations, du faible niveau d’investissement, de difficultés d’organisation des acteurs et d’un accès encore limité au financement. À ces contraintes s’ajoutent une qualité parfois irrégulière et une exposition aux fluctuations des marchés internationaux. Dans ces conditions, l’augmentation des volumes ne saurait constituer, à elle seule, une stratégie de compétitivité. La rénovation des plantations, l’amélioration des pratiques agricoles, la formation et l’accès aux équipements devront accompagner l’effort de production.


Le financement annoncé représente un levier important, à condition qu’il permette de créer des conditions favorables à l’investissement privé et à la professionnalisation des producteurs. La structuration des organisations de producteurs, l’amélioration de la collecte et de la transformation pourraient également contribuer à une meilleure répartition de la valeur au sein de la chaîne. Les spécialistes de la filières notent également que le marché mondial du café évolue vers une demande plus attentive à la qualité, à la régularité, à la traçabilité et à l’origine des produits. Pour Madagascar, cette évolution peut constituer une opportunité. Le pays devra toutefois transformer ses particularités agricoles et territoriales en véritable avantage commercial.


La capacité à garantir une origine identifiable, une qualité constante et une production traçable sera déterminante pour conquérir des marchés mieux rémunérés. Cela suppose également de renforcer les liens entre recherche, producteurs, transformateurs et opérateurs commerciaux. La stratégie gouvernementale comporte enfin un autre volet : développer la consommation locale. Cette orientation pourrait contribuer à créer un débouché complémentaire pour les producteurs et à stimuler l’émergence d’un véritable marché intérieur. Entre conquête des marchés extérieurs et développement de la demande nationale, la relance du café malgache devra surtout démontrer que la hausse des volumes peut s’accompagner d’une montée en gamme sur le long terme.