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MADAGASCAR - FMI | Focus sur les dernières revues combinées

Madagascar obtient une nouvelle marge de manœuvre financière. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les troisième et quatrième revues combinées des programmes soutenus par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie au décaissement d’environ 155 millions de dollars, en faveur du pays.


Madagascar obtient une nouvelle marge de manœuvre financière. Le Conseil d’administration du FMI a achevé les troisième et quatrième revues combinées des programmes soutenus par la FEC et la FRD.


Dans le détail, l’appui au titre de la FEC s’élève à 73,32 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), pour une valeur d’environ 100 millions de dollars. La FRD apporte, de son côté, 40,732 millions de DTS, représentant quelque 55 millions de dollars. Selon les explications fournies, cette nouvelle étape du programme constitue surtout un soutien à la poursuite des réformes économiques engagées par les autorités malgaches. Le décaissement intervient cependant dans un environnement particulièrement fragile. Madagascar traverse une période de transition politique, alors que les difficultés d’approvisionnement en électricité et en eau ont alimenté des tensions sociales. À ces facteurs internes se sont ajoutés les effets des événements climatiques, notamment les cyclones, la volatilité des cours internationaux du pétrole, les répercussions de la situation au Moyen-Orient et les difficultés rencontrées par par certains secteurs stratégiques comme l'industrie extractive.


En dépit de ce contexte, le FMI considère que la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC demeure globalement satisfaisante. Cette appréciation traduit la volonté des autorités de maintenir le cadre de réformes convenu avec l’institution, alors même que les marges budgétaires restent limitées. Les discussions techniques menées entre les équipes gouvernementales et celles de l'institution financière internationale ont ainsi permis d’aboutir à un programme jugé suffisamment solide pour justifier la poursuite des financements. Lors d’un point de presse organisé à Antananarivo, Constant Lokeng, chef de mission du FMI pour Madagascar, a rappelé que les financements accordés s’inscrivent dans les programmes définis par le gouvernement. Le Fonds intervient donc dans un cadre de suivi et d’accompagnement des politiques économiques nationales.


Une bouffée d’oxygène

Pour les finances publiques, ces ressources constituent une bouffée d’oxygène. Elles permettent de renforcer la capacité de financement de l’État à un moment où les besoins sont importants et où plusieurs secteurs stratégiques nécessitent des investissements. Mais le FMI souligne également que les ressources disponibles doivent être utilisées avec davantage de sélectivité. C’est précisément sur cette question que se situe l’un des principaux enjeux de la prochaine phase du programme. Le retour complet à l’ajustement automatique des prix des carburants à partir de janvier 2027 figure parmi les mesures les plus sensibles. Le mécanisme doit permettre de mieux répercuter les variations des cours internationaux du pétrole sur les prix intérieurs et, surtout, de limiter l’exposition du budget de l’État aux subventions.


Pour le FMI, le maintien d’un soutien généralisé aux prix des carburants pose en effet un problème de ciblage. Constant Lokeng a estimé que cette subvention bénéficie davantage aux ménages les plus aisés, qui consomment généralement davantage de carburant.


Pour le FMI, le maintien d’un soutien généralisé aux prix des carburants pose en effet un problème de ciblage. Constant Lokeng a estimé que cette subvention bénéficie davantage aux ménages les plus aisés, qui consomment généralement davantage de carburant. L’enjeu consiste donc à déterminer si les ressources publiques doivent continuer à financer indirectement la consommation de carburants ou être davantage orientées vers les dépenses sociales et les services essentiels. La question touche directement à la capacité de l’État à arbitrer entre plusieurs priorités dans un contexte de ressources limitées. Le FMI préconise notamment de renforcer les dépenses consacrées à la santé, à l’éducation et à la protection sociale, tout en réduisant les risques budgétaires liés aux fluctuations du marché pétrolier.


Cette réorientation suppose néanmoins de disposer de recettes publiques suffisantes. Le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures constitue donc un autre axe central du programme. Le FMI encourage Madagascar à poursuivre ses efforts en matière de mobilisation fiscale et douanière. La lutte contre la fraude et l’amélioration du recouvrement doivent permettre d’élargir progressivement l’assiette des recettes sans accroître mécaniquement la pression sur les contribuables déjà en règle. Les efforts engagés par le ministère de l’Économie et des Finances dans la lutte contre les fraudes fiscales et douanières ont été relevés par le chef de mission. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer ces actions en recettes durables et prévisibles, tout en améliorant la gestion des dépenses publiques.


Perspective de reprise progressive

Cette exigence prend une importance particulière dans une économie confrontée simultanément à des besoins cruciaux d’investissement, à des contraintes sociales et à une forte exposition aux chocs extérieurs. Le financement extérieur peut apporter un relais temporaire, mais il ne peut se substituer durablement à l’amélioration des ressources internes. Les projections du FMI donnent toutefois une perspective de reprise progressive. La croissance économique est estimée à 3,1 % en 2025 et devrait atteindre 3,8 % en 2026, avant de progresser à 4,5 % en 2027. Ces prévisions restent dépendantes de l’évolution de la situation politique, des conditions climatiques, des prix internationaux de l’énergie et de la capacité du pays à rétablir durablement ses infrastructures et son environnement économique.


Les efforts engagés par le ministère de l’Économie et des Finances dans la lutte contre les fraudes fiscales et douanières ont été relevés par le chef de mission. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer ces actions en recettes durables et prévisibles, tout en améliorant la gestion des dépenses publiques.


"Les 155 millions de dollars annoncés constituent plus qu'un apport financier ponctuel. Ils donnent à Madagascar un espace supplémentaire pour poursuivre ses réformes. Mais il est utile de noter que cet appui s’accompagne d’un impératif : améliorer la qualité de la dépense publique, accroître les recettes intérieures et mieux protéger les secteurs sociaux. La prochaine étape consistera à transformer cette marge de financement en résultats économiques qui s'inscrivent dans la durée, dans une période où les attentes sociales demeurent élevées et les ressources publiques comptées", opine Rivo Rakotoarisoa, économiste-consultant qui suit depuis des années l'évolution de la coopération entre la Grande Île et le FMI.