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MADAGASCAR - INTERNET | Une portée qui demeure restreinte

La couverture du réseau mobile progresse à Madagascar, mais l’accès effectif à Internet demeure limité. Selon une étude de la GSMA, le développement de l’économie numérique reste freiné par le coût des équipements, notamment des smartphones, et par les inégalités d’accès entre les territoires. La réduction de ces obstacles pourrait toutefois générer des retombées économiques significatives à l’horizon 2031.


La couverture du réseau mobile progresse à Madagascar, mais l’accès effectif à Internet demeure limité. Selon une étude de la GSMA, le développement de l’économie numérique reste freiné par le coût des équipements, notamment des smartphones, et par les inégalités d’accès entre les territoires. La réduction de ces obstacles pourrait toutefois générer des retombées économiques significatives à l’horizon 2031.


En 2026, les réseaux 3G et 4G couvraient 81 % de la population malgache. Cette progression ne se traduit cependant pas par une utilisation généralisée des services numériques. Dans les zones rurales, environ un tiers de la population reste hors de portée de la 4G. Plus largement, 66 % de la population se trouve en situation d’« écart d’usage », c’est-à-dire qu’elle dispose théoriquement d’une couverture haut débit mobile sans pour autant utiliser ces services. Les chiffres du marché démontrent ce décalage. Le nombre de connexions mobiles est passé de 12,3 millions en 2021 à 22,5 millions en 2025. Pourtant, la multiplication des connexions ne signifie pas nécessairement que davantage de personnes accèdent régulièrement à Internet. D’après la GSMA, les abonnés mobiles uniques représentaient 44,6 % de la population en 2025, tandis que seulement 14,3 % utilisaient Internet mobile. Autrement dit, l’adoption des services numériques demeure très en retrait par rapport à la progression de la téléphonie mobile.


Pour les opérateurs du secteur, le prix des équipements constitue l’un des principaux obstacles à la démocratisation d’Internet. Benoît Janin, directeur général de Yas Madagascar, souligne que la fiscalité appliquée aux smartphones pèse lourdement sur leur prix de vente. Selon les éléments présentés lors des échanges, les taxes représentent 47 % du prix final de ces appareils. Cette situation limite l’accès aux outils numériques pour une partie des ménages, particulièrement ceux dont le pouvoir d’achat est faible. Anne Catherine Tchokonté, directrice générale d’Airtel Madagascar, estime qu’une révision de la fiscalité pourrait faciliter l’acquisition de terminaux abordables. L’enjeu ne porte donc pas uniquement sur les appareils haut de gamme, mais aussi sur les modèles d’entrée de gamme susceptibles d’élargir l’accès aux services numériques.


La question fiscale reste néanmoins ouverte. Malgré les appels des opérateurs à un allègement des prélèvements, la loi de finances rectificative maintient une taxation globale annoncée à 47 % : 20 % de droits de douane, 20 % de TVA, 6 % au titre du Fonds de service universel et de la connectivité, ainsi que 1 % pour la régulation. Les opérateurs défendent une réduction de cette charge, tout en plaidant pour une stratégie d’élargissement de l’assiette fiscale. Une telle orientation supposerait de mesurer les recettes susceptibles d’être perdues à court terme et les gains éventuels liés à l’augmentation du nombre d’utilisateurs. Outre le prix des équipements, la progression de l’usage d’Internet dépend également de la disponibilité des infrastructures, de la qualité des services et de la capacité des populations à tirer parti des outils numériques.


La GSMA estime que des réformes adaptées pourraient permettre de connecter 1,12 million de personnes supplémentaires à Madagascar et d’ajouter 4 100 milliards d’ariary au produit intérieur brut d’ici 2031. Ces perspectives soulignent le potentiel économique du numérique, sans garantir à elles seules sa concrétisation. La réduction de la fracture numérique nécessitera des mesures coordonnées sur la fiscalité, les infrastructures et l’accès aux services. Les acteurs du secteur de la connectivité numérique soutiennent que pour Madagascar, le défi consiste désormais à transformer une couverture mobile en expansion en un usage plus large d’Internet, susceptible de soutenir l’activité économique et l’inclusion sociale.