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MADAGASCAR | Repenser l’investissement public

Le gouvernement souhaite revoir les modalités de programmation et de gestion des investissements publics afin de mieux répondre aux besoins du pays. Cette ambition est au cœur des travaux engagés le lundi 19 octobre 2026 par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, au Grand Amphithéâtre de la Faculté d’Économie, de Gestion et de Sociologie, à Ankatso. 


Le gouvernement souhaite revoir les modalités de programmation et de gestion des investissements publics afin de mieux répondre aux besoins du pays.


Organisée par la Primature, cette concertation technique doit aboutir, d’ici au 18 décembre, à l’élaboration de la Politique nationale des investissements publics. L’initiative, selon les responsables, tombe à point nommé alors que la mobilisation des ressources financières ne suffit pas, à elle seule, à garantir des résultats économiques et sociaux. La question de leur affectation, de la sélection des projets et de leur exécution demeure déterminante pour améliorer les conditions de vie de la population. La future politique devra ainsi établir un cadre permettant de mieux hiérarchiser et financer les priorités nationales, tout en tenant compte des besoins propres aux différentes régions. 


Les infrastructures de transport, les services sociaux, le développement territorial et la modernisation des activités économiques figurent parmi les domaines concernés. L’enjeu consiste à mieux relier les dépenses d’investissement à leurs retombées sur l’économie réelle. Des routes en meilleur état, des équipements publics adaptés ou un accès élargi aux services essentiels peuvent contribuer à réduire les contraintes qui pèsent sur les ménages et les entreprises. Pour les producteurs agricoles, les commerçants et les petites entreprises, des infrastructures appropriées facilitent notamment l’acheminement des marchandises, l’accès aux marchés et les échanges entre les régions. Ces améliorations peuvent soutenir l’activité économique, à condition que les projets soient adaptés aux besoins locaux et entretenus dans la durée.


Lors du lancement des travaux, le Premier ministre a appelé à modifier l’approche de la dépense publique. Selon lui, la pertinence d’un investissement ne doit pas être appréciée uniquement à travers les crédits mobilisés, mais aussi au regard des changements qu’il apporte à la population. « Ce ne sont pas les ressources financières disponibles qui doivent déterminer nos actions, mais les véritables besoins du pays qui doivent orienter les investissements publics », a-t-il déclaré. Cette orientation suppose de définir clairement les priorités avant de rechercher les financements, plutôt que de construire les programmes en fonction des seules ressources disponibles. Elle pose également la question de l’autonomie de décision de Madagascar dans le choix de ses projets et dans la répartition des moyens entre les secteurs.


Les échanges prévus jusqu’au 18 décembre réuniront des représentants des ministères, des institutions publiques, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile, des universités et des partenaires techniques et financiers. Neuf thématiques seront examinées. Elles porteront notamment sur les priorités nationales, les disparités régionales, les secteurs sociaux, la transformation numérique, les mécanismes de financement et le suivi des projets. Cette diversité doit permettre de confronter les orientations de l’État aux attentes des acteurs économiques et sociaux. La qualité de la gouvernance constituera un autre volet essentiel. La transparence dans l’utilisation des fonds, le contrôle de l’exécution budgétaire et l’évaluation des résultats sont indispensables pour limiter les dépenses peu efficaces et mieux apprécier l’utilité des investissements réalisés.