Jusqu'au 10 octobre, la 37e édition de Madajazzcar prendra place dans cinq villes malgaches : Antananarivo, Antsirabe, Toamasina, Manakara et Tuléar. Le festival a retenu cette année le thème « Le Souffle en Partage ». Une formulation qui résume l’ambition affichée de cette nouvelle édition : faire du jazz un espace de rencontres entre artistes, générations et publics, tout en renforçant les échanges avec des partenaires étrangers.
À Antananarivo, le programme prévoit plusieurs rendez-vous en accès libre dans des espaces publics. Le parvis de l’Hôtel de Ville, le Jardin d’Andohalo ou encore l’Université d’Antananarivo accueilleront différentes scènes et animations. D’autres concerts sont programmés dans des lieux partenaires. Cette implantation hors des salles traditionnelles constitue l’un des axes du festival, qui cherche ainsi à rapprocher les concerts des habitants et à diversifier les publics. L’extension géographique de Madajazzcar ne se limite pas à la capitale. Antsirabe, Toamasina, Manakara et Tuléar participeront également à la programmation.
Pour un événement consacré à une musique souvent associée aux scènes spécialisées et aux publics avertis, cette présence dans plusieurs territoires est posée par les organisateurs comme un engagement fort en faveur de l’accès à la création musicale et la circulation des artistes entre les différentes régions du pays. La mise en orbite de la 37e édition a commencé avant l’ouverture officielle du festival avec les « Tremplins Madajazzcar ». Des ateliers ont notamment été organisés à Toamasina, Antsirabe et Antananarivo. Ces rencontres donnent une place particulière à la transmission et à l’accompagnement des jeunes musiciens, mais également à ceux qui interviennent dans la formation.
Parmi les artistes et formateurs associés à cette démarche figurent notamment Joro Rakotozafiarison, Vatsiahy Ravaloson, Tahinavibe et Lova Ramahefason. Outre les concerts, ces activités permettent de travailler les pratiques musicales et de créer des occasions de rencontre entre des artistes confirmés, des formateurs et une nouvelle génération de participants. Explication a aussi été donnée que le choix de maintenir ces activités en amont du festival souligne l’importance accordée à la relève. Pour la scène jazz malgache, dont le développement dépend aussi de la formation et du renouvellement des musiciens, ces dispositifs sont vus comme un prolongement du travail réalisé pendant les dix jours de programmation.
La coopération internationale conserve également une place dans cette édition. L’Allemagne sera notamment représentée par son ambassadeur au Kenya, Sebastian Groth, qui doit se produire aux côtés de musiciens kenyans. La Suisse accompagne de son côté une initiative destinée aux jeunes mineurs du centre de rééducation et pénitentiaire de Mandrosoa. La France reste également présente à travers le soutien de l’Institut français de Madagascar et du réseau des Alliances françaises. Le festival bénéficie par ailleurs de l’accompagnement de partenaires privés, dont la BRED Madagasikara Banque Populaire. Cette ouverture se prolonge dans l’univers numérique avec Radio Madajazzcar. Accessible en continu, la webradio permet de diffuser les artistes et les performances associés au festival auprès d'un public qui dépasse les frontières malgaches.
Avec cinq villes au programme, des scènes gratuites, des ateliers et des collaborations internationales, Madajazzcar inscrit sa 37e édition dans une logique à la fois culturelle et territoriale. Et les organisateurs ont tenu à souligner que l'enjeu n'est pas seulement dans la succession des concerts, mais aussi dans la capacité du festival à faire circuler les artistes, transmettre les pratiques et élargir l'accès au jazz. Pendant dix jours, la manifestation cherchera ainsi à mesurer, sur le terrain, la capacité de cette musique à réunir des publics et des univers différents.


